martedì 14 maggio 2024

14 pays africains contraints par la France à payer le seigneuriage

« La politique coloniale, c'est la politique économique de la France! » 
JULES FERRY

28 février 2014

Photo : Foccart & Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique
Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !
Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.
Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée.

giovedì 26 febbraio 2015

Les banques centrales et l’esclavage humain

Les banques centrales et l’esclavage humain:
Les travaux de Stephen Mitford Goodson

historyofcentralbanking4,847 words
http://www.counter-currents.com/2014/11/les-banques-centrales-et-lesclavage-humain/
English original here

Stephen Mitford Goodson
A History of Central Banking and the Enslavement of Mankind
London: Black House Publishing, 2014

Stephen Mitford Goodson
Inside the South African Reserve Bank: Its Origins and Secrets Exposed
London: Black House Publishing, 2014

Ce travail était originellement destiné à former un seul livre, mais Black House Publishing en a tiré deux volumes qui, bien qu’étant compagnons, sont complets en eux-mêmes.
Le lecteur perspicace sera immédiatement conscient de deux traits prometteurs de ces livres : le deuxième prénom de l’auteur est Mitford, indiquant la probabilité d’une tendance à la rébellion [1]. Ensuite, le fait que l’auteur ait dédié A History of Central Banking à Knut Hamsun, « un rayon de lumière et d’espoir de l’ordre du monde naturel », le grand romancier norvégien étant un homme d’honneur qui refusa de s’incliner devant la vengeance talmudique contre les vaincus de la Seconde Guerre mondiale. Le trait prometteur suivant est une citation d’Ezra Pound (une figure apparentée à Knut Hamsun pour avoir combattu les mêmes forces maléfiques, défendu les mêmes idéaux héroïques, et subi de grandes persécutions durant l’après-guerre) qui donne le ton du livre : « Et vous ne comprendrez jamais l’histoire américaine ou l’histoire de l’Occident durant les 2000 dernières années si vous ne regardez pas un ou deux problèmes ; c’est-à-dire les youpins [sheenies] et l’usure. L’un ou l’autre, ou les deux. Je dirais les deux » [2].
Un autre trait intéressant qui frappe immédiatement le lecteur est que la longue préface a été écrite par le prince Mangosuthu Buthelezi, Membre du Parlement et longtemps dirigeant du Parti de la Liberté de l’Inkatha [Inkatha Freedom Party]. Si le prince Buthelezi commence par dire qu’il « n’approuve pas les points de vue » exprimés dans le livre, il remarque aussi que le livre est « sujet à controverses » et « provoquera de fortes réactions ». Les remarques prudentes de Buthelezi sont probablement nécessaires parce que Goodson, comme ses parents Mitford, s’obstine à documenter certaines hérésies relevant de l’influence des Juifs dans la politique et la finance, et les réalisations des Etats de l’Axe pour renverser la shylockcratie.
Bien que commençant par cette déclaration, Buthelezi entreprend néanmoins de soutenir les vues de Goodson, qui dit que les banques centrales et l’usure sont les principales causes des « différences profondes et inhumaines » à l’intérieur des nations dans le monde entier. Buthelezi se déclare ennemi de ce système : « Pour cette raison, pendant plusieurs années, mon parti et moi avons dit que l’Afrique du Sud devait réformer sa banque centrale et son système monétaire, même si cela signifie placer notre pays hors de portée des standards mondiaux iniques ». Puisque ce n’est pas le cas, on soupçonne que Buthelezi comprend aussi que la résistance des Etats de l’Axe à ce système précisément a pu être la véritable cause de leur placement « hors de portée des standards mondiaux iniques », ce que Goodson explique plus loin. Le prince écrit : « Cet ouvrage fournit non seulement une large vision de l’histoire de l’économie pendant près de trois millénaires, mais aussi des aperçus sur la manière dont les problèmes de l’usure ont embrouillé et asservi l’humanité depuis les débuts de l’existence civilisée ».
Stephen Mitford Goodson
Stephen Mitford Goodson
Le livre de Goodson est unique en son genre à plusieurs égards majeurs : il retrace l’histoire de l’usure sur des milliers d’années ; une chose qui n’a généralement pas été tentée depuis l’un des livres favoris d’Ezra Pound, le livre de Brook Adam, Les lois de la civilisation et du déclin, publié il y a plus d’un siècle [3]. Goodson fournit aussi une histoire des usuriers et de ceux qui s’opposèrent à l’usure, plus des détails techniques sur le système financier et sur la manière dont il peut être stabilisé.
Goodson remonte jusqu’à la Rome antique pour rechercher les premiers exemples des  systèmes financiers qui ont une influence sur le monde d’aujourd’hui. Il cite Aristote dans sa Politique, concernant ce que certains appelleraient l’attitude traditionaliste [4] envers ces choses, mais qui sont aujourd’hui appelées « hommes d’affaires respectables » et « bonne pratique commerciale » : « Nous haïrons les hommes appelés banquiers, car ils s’enrichissent sans rien faire ». Aristote résume ainsi toute l’argumentation contre le système bancaire orthodoxe. Goodson expose les systèmes utilisés à Rome, tels que l’usage des pièces de bronze qui étaient émises par l’Etat romain pour les transactions commerciales sans usure, un exemple précoce de monnaie fiduciaire ; à ne pas confondre avec le système actuel consistant à émettre de la monnaie fiduciaire par des banques privées, qui reçoivent leur tranche d’usure, permettant la condamnation de cette « monnaie fiduciaire » pervertie lorsqu’elle ne fonctionne pas [5]. Goodson utilise des statistiques pour montrer que c’était une ère de grande richesse et de grand progrès, à une époque où les dirigeants romains vivaient dans l’austérité et l’honneur de ce que c’était vraiment d’être « romain ».
Le système tomba en ruines quand Rome remplaça ces lingots de bronze par de l’argent, et tout le caractère de Rome fut dégradé. En d’autres mots, la pourriture morale suivit un changement de système bancaire. Les usuriers, incluant de nombreux Juifs qui s’étaient entassés à Rome durant son époque de décadence, firent des prêts avec des taux d’intérêts élevés, et la misère devint générale. Comme cela a souvent été le cas dans l’histoire, jusqu’à notre ère moderne, une figure héroïque surgirait pour remettre les choses à l’endroit, et cela prit la forme de Jules César, qui avait une pleine connaissance de la situation. Il émit des pièces de métal bon marché, et l’intérêt fut sévèrement réglementé. Goodson donne la liste des mesures prises par César dans le domaine socioéconomique, qui sont incroyables ; et qui ne devaient peut-être pas être répétées à une telle échelle avant Mussolini, Hitler, et Michael Joseph Savage [6]. Après la mort de César, Rome adopta l’étalon-or, et cela devait avoir des conséquences négatives majeures. C’est un important exemple du rôle que le « pouvoir de l’argent », comme nous pourrions l’appeler, a joué dans la corruption et l’effondrement des civilisations, des causes trop souvent négligées par la Droite qui attribue ce rôle à la race, en termes réductionnistes [7].
Goodson commence l’histoire monétaire de l’Angleterre par le roi Offa de Mercie, au VIIIe siècle de notre ère, où à nouveau des pièces de monnaie d’argent précieux furent utilisées, et l’interdiction païenne de l’usure fut réintroduite. Sous le roi Alfred les biens des usuriers furent saisis, et sous Edouard le Confesseur les usuriers furent déclarés hors-la-loi. La pourriture s’installa quand les Juifs arrivèrent avec la défaite d’Harold II contre Guillaume le Conquérant en 1066, et ces Juifs se virent attribuer des positions privilégiées d’usuriers par Guillaume. L’Angleterre fut ravagée par la dette, qui n’épargna personne, ni les nobles ni les manants. En 1215 la Grande Charte [Magna Carta] fut imposée au roi Jean par ses nobles, la principale raison étant de remédier à l’usure.
Durant le Moyen Age l’usure fut à nouveau abolie, et des « gros bâtons » furent utilisés. Cela fut gardé en usage pendant 700 ans, à un degré ou à un autre. Goodson expose le système assez en détail, et en dépit de ce qu’on nous dit sur le Moyen Age, la populace vivait bien, une chose qui a été bien détaillée par William Cobbett, en comparant les conditions des travailleurs des temps médiévaux avec celles de la Révolution Industrielle [8]. Comme à Rome, l’histoire se répéta, avec une série de hausses et de baisses pour les usuriers au cours des siècles, et bien sûr, comme nous le savons maintenant, leur triomphe final, dans ce cas inauguré par la victoire de Cromwell et de la Révolution Puritaine, rapidement suivies par la création de la Banque d’Angleterre, un consortium à propriétaires privés basé sur le modèle hollandais [9]. Goodson mentionne que quand la proposition de loi qui incluait la création de la Banque d’Angleterre fut votée, seuls 42 membres de la Chambre étaient présents, et tous étaient des Whigs ; les Tories étaient opposés à la proposition de loi. C’est une indication supplémentaire de ma supposition que la « vraie Droite » est intrinsèquement anticapitaliste, alors que la Gauche, comme Spengler le remarqua, agit toujours dans les intérêts du « parti de l’argent » [10]. Dorénavant un modèle émergea, écrit Goodson,
« [consistant à] attaquer et à imposer le système d’usure des banquiers [qui] a été déployé largement dans l’ère moderne et inclut les défaites de la Russie Impériale dans la Première Guerre mondiale, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon dans la Seconde Guerre mondiale et plus récemment de la Lybie en 2011. C’étaient tous des pays qui avaient des systèmes bancaires d’Etat, qui distribuaient la richesse de leurs nations respectives sur une base équitable et fournissaient à leurs populations un niveau de vie bien supérieur à celui de leurs rivaux et contemporains. »
Goodson remarque que bien que le gouvernement travailliste nationalisa la Banque d’Angleterre en 1946 (c.-à.-d. une décennie après que le gouvernement travailliste en  Nouvelle-Zélande ait nationalisé la Banque de Réserve de ce pays en 1935, banque qui avait originellement créée sur le conseil pressant du conseiller itinérant de la Banque d’Angleterre, Sir Otto Niemeyer), ce fut un simple camouflage puisque la Banque d’Angleterre, comme d’autres banques de réserve « nationalisées », incluant celle de la Nouvelle-Zélande, demeure à l’intérieur du système d’usure mondial, et elles servent simplement de canaux pour emprunter aux banques internationales privées. On pourrait ajouter que quand le gouvernement travailliste de Nouvelle-Zélande nationalisa la Banque de Réserve, bien que sous une pression publique considérable pour qu’il accomplisse ses promesses électorales sur le système bancaire d’Etat, conduite par des parlementaires travaillistes dissidents et un vétéran de guerre nommé John A. Lee, son seul grand acte durable fut d’émettre 1% de crédit d’Etat pour l’iconique projet de logement d’Etat. Celui-ci fournit non seulement des maisons durables sur des sections d’un quart d’acre à faible coût, mais résolut aussi, par ce projet de travaux publics, 70% du chômage du pays durant le milieu de la dépression mondiale [11].
Citant l’historien de Harvard Carroll Quigley, Goodson montre que ces banques centrales font partie d’un immense système interconnecté de finance internationale, qui n’a fait que se développer depuis lors.
D’autres révoltes contre le système bancaire ont inclus les colonies américaines qui financèrent leur guerre contre la Grande-Bretagne par leur propre argent d’Etat, comme le firent l’Union aussi bien que les Etats confédérés pendant la Guerre Civile. Une série de hausses et de baisses s’ensuivit à nouveau quand les usuriers et leurs adversaires rivalisèrent pour la mise en œuvre de leurs plans respectifs de système bancaire, jusqu’à ce que le conflit soit résolu en 1913 par la création de la Réserve Fédérale, qui fut à nouveau présenté comme la création d’une banque d’Etat qui mettrait de l’« ordre » dans la finance, après trois ans de préparation des banquiers internationaux et de leurs soutiens dans la politique.
La Russie est un autre exemple d’un Etat qui avait un système bancaire indépendant, et c’est un exemple d’un intérêt particulier dans la mesure où – comme les Etats de l’Axe plus tard – le Tsar fut dénoncé comme un tyran qui aurait été renversé par une révolution populaire : un jeu planifié qui s’est déroulé à nouveau à notre époque durant les dernières décennies, via les dénommées « révolutions colorées » et le « printemps arabe », sur l’ordre des mêmes types de gens qui instiguèrent la révolution « russe » en 1917, et avant celle-ci, et pour la même raison, la révolution cromwellienne et la révolution française (j’ajouterais aussi la « révolution d’en- haut » menée par Henry VIII, qui impliqua surtout un autre Cromwell brutal).
Goodson dit qu’après la défaite de Napoléon, Nathan Mayer Rothschild fit activement campagne pour un système bancaire qui assurerait le contrôle de l’Europe. Le tsar Alexandre I rejeta tous ces plans et créa au contraire une nouvelle Sainte Alliance entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, qui devaient être poussées dans un conflit cataclysmique quelques générations plus tard. Ce qui fut créé en 1860 était une banque russe d’Etat qui servit bien le peuple pendant des décennies, avec des prêts bon marché, incluant des prêts de terres à faible taux d’intérêt pour les fermiers, et au tournant du siècle la plus grande partie des terres était possédée par les gens qui les travaillaient. Les impôts et la dette étaient les plus faibles en Europe, et la législation sociale et celle du travail étaient parmi les meilleures.
Goodson signale que les bolcheviks amenèrent la destruction de cet heureux Etat. Les détails de cela et le bon accueil que la finance internationale fit à la révolution de mars 1917, ainsi que le soutien des banquiers aux bolcheviks sont documentés dans les livres de l’auteur de cette recension, Revolution from Above [Révolution d’en haut] [12] et The Banking Swindle [L’arnaque du système bancaire]. J’ajouterai ici qu’une grande partie des représentations négatives des tsars, qui continue encore aujourd’hui, fut le résultat de la propagande solitaire agressive du journaliste américain George Kennan contre la Russie, Kennan étant subventionné par Jacob Schiff de la banque Kuhn, Loeb & Co., qui fournit aussi les moyens nécessaires pour que Kennan puisse endoctriner – d’après Kennan lui-même – 52.000 prisonniers de guerre russes après la guerre russo-japonaise de 1904-1905, qui revinrent en Russie pour fournir un encadrement révolutionnaire qui renversa finalement le tsar [13].
Inside the South African Reserve Bank: Its Origins and Secrets Exposed, [A l’intérieur de la Banque de Réserve sud-africaine : ses origines et ses secrets révélés] est le récit par Goodson de la manière dont il fut obligé de démissionner prématurément avant la fin de son mandat – bien que le temps restant fût très court – de directeur de la Banque de Réserve sud-africaine. Goodson a une connaissance intime des opérations de la finance de la dette et des banques de réserve, et il est aussi le dirigeant du Parti pour l’Abolition de l’Impôt sur le Revenu et de l’Usure [Abolition of Income Tax and Usury Party] [14], et a longtemps été un consultant économique. C’est ce livre qui a apparemment été la cause des menaces d’actions légales de la part de l’Etat sud-africain, qui a un grand intérêt à faire taire Goodson concernant sa connaissance de première main de la corruption dans le secteur financier.
Goodson montre que l’Afrique du Sud fut le premier Etat après la Première Guerre mondiale à succomber aux machinations pour la création d’une banque centrale. Il en attribue la responsabilité au général Smuts, ministre des Finances en dépit de son manque d’expérience  dans la finance [15]. Comme le sénateur Aldrich, dont le dénommé « Plan Aldrich » fut mis en œuvre en 1913 pour créer la Banque de Réserve US en 1914, Aldrich étant simplement la voix au Sénat de Schiff, des Warburg, des Rockefeller, de J. P. Morgan, et des autres, le plan Smuts pour une banque de réserve fut initié et conçu par son ami, le banquier Sir Henry Strakosch, dont le plan suivit celui de la Banque de Réserve Fédérale US. La commission qui fut constituée à partir de tous les partis parlementaires critiqua fortement le plan et exprima ses inquiétudes quant à la raison pour laquelle ce plan (tout comme le « Plan Aldrich ») était en voie d’être mis en œuvre à la hâte, sans réel débat préalable. Le colonel Creswell du Parti Travailliste sud-africain proposa une banque d’Etat. L’opposition parlementaire au plan Strakosch et l’appel à une banque d’Etat par le Parti Travailliste sont d’un intérêt particuliers, et Goodson donne des détails des discours au Parlement [16]. En 1920 le Parlement vota en faveur du plan Strakosch, alors que les 19 représentants du Parti Travailliste et trois parlementaires nationalistes votèrent contre. Le général Hertzog du Parti National aurait souhaité que la question soit pleinement étudiée pendant deux ans, mais fut écarté. Strakosch eut aussi un rôle instrumental dans l’établissement de la Banque de Réserve de l’Inde en 1935. Son rôle semble similaire à celui de Sir Otto Niemeyer de la Banque d’Angleterre qui à cette époque était actif au Commonwealth britannique pour que celui-ci encourage la création de banques centrales avec des actionnaires privés.
De plus, Strakosch paya les dettes de Winston Churchill et à partir de ce moment l’histoire du monde allait prendre un cours tragique : une guerre mondiale au service de la finance internationale qui détruirait l’empire britannique et tous les autres empires européens, pour les remplacer par un empire de l’argent, pendant que Roosevelt posait ses conditions d’après-guerre à l’infortuné Churchill pour le démantèlement de l’empire britannique [17].
Goodson expose les origines de la Grande Dépression comme un exemple de manipulation du crédit, et fait le portrait de ceux qui cherchèrent une alternative : C. H. Douglas du crédit social, le professeur Irving Fisher, et Gottfried Feder, principal militant pour la réforme bancaire en Allemagne [18]. Les réformes innovantes entreprises par les nazis furent minées par Hjalmar Schacht, président de la Reichsbank, un intime de la fraternité bancaire internationale qui devait se voir épargner le sort d’autres hauts représentants de l’Etat à Nuremberg grâce à ses relations, en particulier son amitié avec Norman Montague, gouverneur de la Banque d’Angleterre.
En 1939 Schacht émit un ultimatum destiné à Hitler, pour faire revenir l’économie de l’Allemagne à l’ancien système, et fut congédié. Alors que le régime de Hitler a été critiqué pour avoir marginalisé des idéalistes comme Feder et même accusé de servir la finance internationale et de ne pas pleinement mettre en œuvre son programme « socialiste », en réalité beaucoup de choses furent entreprises, et Goodson mentionne que le « Plan Schacht » fut finalement et décisivement remplacé par le « Plan Feder » en 1939. Goodson soutient que la guerre fut imposée à Hitler pour la même raison qu’elle fut imposée à Napoléon, la Pologne étant dans le premier cas le coup de patte des banquiers. Dans l’un des nombreux exemples où Goodson place le système bancaire dans le contexte historique plus large, il raconte ce qui serait aujourd’hui nommé « nettoyage ethnique » et qui fut entrepris par les autorités polonaises contre les Allemands ethniques en Pologne. Goodson chiffre les victimes ethniques allemandes en Pologne à 58.000, culminant avec le massacre de Bromberg en septembre 1939, durant lequel 5.500 Allemands ethniques furent tués. Le plan de paix de Hitler fut sommairement rejeté par le gouvernement polonais du fait de l’interférence de la Grande-Bretagne garantissant la sécurité de la Pologne.
Goodson fait l’exposé des nombreuses réalisations socioéconomiques du régime de Hitler, telles que les prêts à intérêt très faible pour le logement et le système de troc qui vit l’Allemagne s’emparer des marchés de l’Europe à l’Amérique du Sud, la sape du système de la finance internationale dans le monde, l’accroissement du revenu, les grands travaux publics, alors que, contrairement à des affirmations persistantes, les dépenses d’armements étaient relativement faibles.
Si l’Allemagne s’épanouit au milieu d’une dépression mondiale, l’Italie fasciste s’était déjà lancée dans une voie similaire depuis une décennie, avec des travaux publics géants, et avait graduellement adopté le système bancaire étatique. Le Japon, ce que les lecteurs pourraient être surpris d’apprendre, avait été fortement séduit depuis les années 1920 par la théorie du crédit social de C. H. Douglas, avait suivi de telles politiques à partir de 1932, et avait terminé ses réformes en 1942, en se basant sur la législation bancaire allemande. Ceci permit au Japon de devenir une grande puissance économique, et en 1940 il annonça la Sphère de Coprospérité de la Grande Asie, qui menaçait le système économique mondial en créant un bloc commercial autarcique. Le prétexte pour l’action contre le Japon, dit Goodson, commença avec son occupation pacifique de l’Indochine française avec la permission de la France, pour couper les voies d’approvisionnement de la Chine. Des sanctions économiques de l’Angleterre, de la Hollande et des USA s’ensuivirent. Les tentatives répétées de négociations et de compromis de la part du Japon furent constamment repoussées par les USA, culminant avec un ultimatum des USA exigeant le retrait du Japon de la Chine, suivi d’un blocus économique. Avec l’occupation US du Japon, le système bancaire et la structure commerciale furent démolis sous les auspices d’un banquier américain.
Vers la fin de la guerre, cependant, l’Afrique du Sud tentait d’adopter un système bancaire similaire à celui des Etats de l’Axe, et à certains Etats du Commonwealth, à savoir la Nouvelle-Zélande et l’Australie, et une proposition de loi fut introduite par Hofmeyr, ministre des Finances, mais tout comme dans ces derniers pays, cette banque centrale ne parvint pas à se lancer dans la voie de la création de crédit d’Etat. C’est le Parti Travailliste sud-africain qui demanda constamment une banque d’Etat qui émettrait du crédit d’Etat. De fait, les citations données par Goodson à partir des discours des parlementaires travaillistes sur la création de crédit sont, comme celles du courageux parlementaire travailliste néo-zélandais John A. Lee, très instructives.
Goodson entreprend ensuite une explication du système bancaire de la Nouvelle-Zélande de  l’époque, l’explication qui était donnée par les partisans sud-africains du crédit social. Cependant, je dois ajouter que la croyance du Parti Travailliste sud-africain selon laquelle le ministre des Finances de Nouvelle-Zélande, Walter Nash, aurait été « l’un des plus ardents partisans du système bancaire d’Etat », est une erreur. Nash était l’un des adversaires les plus acharnés de John A. Lee concernant les efforts de ce dernier pour que le Parti Travailliste tienne ses promesses électorales de 1934, ce qui entraîna finalement l’expulsion de Lee du parti [19].
Après avoir parlé du système bancaire australien, le sénateur travailliste sud-africain Smith entreprend de décrire en termes similaires le système bancaire national-socialiste, le voyant à juste titre comme analogue à celui de la Nouvelle-Zélande, bien que sur une échelle beaucoup plus grande. Smith, signalant qu’il n’était pas un supporter de Hitler, disait néanmoins qu’on pouvait apprendre des choses des autres, incluant Hitler. Cela est aujourd’hui suffisant pour détruire la réputation de quelqu’un, à une époque où l’érudition et l’objectivité sont considérées comme hérétiques en soi [20], et nous pouvons dire que Goodson lui-même en est un exemple actuel.
Goodson raconte ensuite sa propre saga de directeur du Comité Directeur de la Banque de Réserve sud-africaine. En 2002 il tenta de montrer que la banque était une entité privée, pas une institution d’Etat. En 2003, avec 71,1% des votes des actionnaires, Goodson fut élu  comme l’un des directeurs non-exécutifs. Le Comité ne cacha pas sa préoccupation après l’élection de Goodson, qui tenta d’instruire les membres du Comité sur la nature du système bancaire de réserve fractionnaire. L’année suivante une campagne secrète du gouverneur adjoint du Comité, Gill Marcus, une fidèle de l’ANC, pour renverser le Gouverneur, fut remarquée par Goodson, et Marcus dut démissionner sans cérémonie, pour ne revenir qu’en 2009 comme nouveau Gouverneur désigné par l’Etat. L’une de ses nouvelles mesures fut de limiter le mandat des directeurs non-exécutifs, et ceux-ci se virent demander de démissionner avant la fin de leur mandat. Au cours des tentatives de Goodson en 2011 pour remédier à la corruption et à l’incompétence de la Société de Billets de Banque sud-africaine et de l’Hôtel des Monnaies sud-africain, l’attitude de Marcus devint de plus en plus hostile envers lui. En février 2012 le Comité prit des mesures contre Goodson pour le réduire au silence, et il fut suspendu. En plus de ces mesures, Goodson fut calomnié par le Mail and Guardian le mois suivant [21]. Goodson avait fait quelques remarques hérétiques sur l’Allemagne dans une interview radio avec Deanna Spingola en 2011, qui furent utilisées comme un prétexte pour lancer une campagne contre lui. Goodson fournit une liste substantielle des raisons pour lesquelles il adopta une approche critique concernant l’Holocauste, puisque les calomnies contre Goodson se concentrent sur son scepticisme sur ce sujet. Goodson fut aussi accablé pour avoir fait l’éloge des politiques financières du régime hitlérien, et il cite des célébrités de l’époque qui avaient fait la même chose, citant David Lloyd George, Winston Churchill, H.R.H. le duc de Windsor, et l’économiste J. K. Galbraith.
Goodson fut convoqué à une réunion en mai 2012 pour décider de son statut, et un accord de compensation fut conclu pour mettre fin à ses fonctions seulement quelques mois avant la fin de son mandat. On attendait de lui qu’il demeure silencieux sur les mesures qui avaient été prises contre lui par la Banque, mais il considéra que l’exposition de la malfaisance financière était d’intérêt public et ne faisait pas partie d’une entente quelconque.
Goodson conclut par une longue discussion sur la manière dont les problèmes bancaires pourraient être résolus, citant un rapport complet qu’il avait soumis à Marcus Gill, qui n’y avait rien compris, et qui l’avait transmis à un économiste pour une recension, qui lui non plus ne connaissait rien au sujet, comme cela apparaît dans la discussion ultérieure qu’il eut avec Goodson. Nous en arrivons ensuite à la situation actuelle, et Goodson explique le présent fardeau de la dette mondiale, incluant une discussion longue et inattendue sur la manière négative dont les taux de natalité sont affectés. Cela inclut l’impact démographique sur les pays blancs, et sur le Japon et la Chine (dans l’exemple de la Chine, je dois dire qu’« il y a de l’espoir »). Il conclut par des exemples de système bancaire communautaire et étatique (Dakota du Nord, Guernesey, Lybie), terminant par des détails sur la façon dont le système bancaire de l’Afrique du Sud pourrait être réorganisé, avec des appendices d’ébauches de propositions de lois sur les mécanismes de la réforme bancaire.

Notes
  1. “The Private Life of Stephen Goodson,” Money Web, August 31, 2003, http://www.moneyweb.co.za/moneyweb-historical-news-news/the-private-life-of-stephen-goodson?sn=Daily%20news%20detail
Le récit semble équilibré et fournit un portrait intéressant.
  1. Pour Pound et Hamsun, voir : K. R. Bolton, Artists of the Right (San Francisco: Counter-Currents, 2012). Aussi : Stephen M. Goodson, “Knut Hamsun: The Soul of Norway,” Inconvenient History, Vol. 5, No. 2, http://inconvenienthistory.com/archive/2013/volume_5/number_2/knut_hamsun.php
  2. Brooks Adams, The Law of Civilization and Decay (London: Macmillan, 1896).
  3. Les « sociétés traditionnelles », qu’elles soient hindoues, musulmanes ou chrétiennes, etc., placent le commerce très bas dans la pyramide de la hiérarchie, alors que ce qu’un traditionaliste appellerait un cycle de déclin – tel que l’ère de l’« Occident » d’aujourd’hui – place le marchand au sommet d’une hiérarchie inversée. Voir : Julius Evola, Revolt Against the Modern World, trans. Guido Stucco (Rochester, Vermont: Inner Traditions International, 1995), et Oswald Spengler sur l’ascension de l’« argent » dans le cycle décadent d’une civilisation dans The Decline of the West (London: George Allen and Unwin, 1971), en particulier vol. II, chapitre XIII.
  4. Russell Norman, membre du Parlement, et dirigeant du Parti Vert de Nouvelle-Zélande [New Zealand Green Party], fut récemment rondement condamné et ridiculisé pour avoir suggéré l’usage de « monnaie fiduciaire », mais n’eut pas les connaissances ou la force d’âme pour défendre sa position et fut rapidement réduit au silence sur la seule suggestion sensée qui ait été faite en Nouvelle-Zélande depuis les années 1930, durant lesquelles le gouvernement travailliste émit avec succès du crédit d’Etat pour le logement.
  5. M. J. Savage, dirigeant iconique du premier gouvernement travailliste de Nouvelle-Zelande.
  6. Pour une vision alternative de Droite sur le rôle de l’argent dans l’effondrement des civilisations, voir : K. R. Bolton, “Oswald Spengler and Brooks Adams: The Economics of Cultural Decline,” in Troy Southgate, ed., Spengler: Thoughts and Perspectives, Vol. Ten (London: Black Front Press, 2012), 179–21.
  7. William Cobbett, History of the Protestant Reformation in England and Ireland, 1826.
  8. Pour l’influence des Juifs d’Amsterdam et des Puritains sur la Banque d’Angleterre, voir : K. R. Bolton, The Banking Swindle (London: Black House Publications, 2013), 21–22.
  9. Sur la dichotomie Gauche-Droite et comment elle a été mal comprise, voir : K. R. Bolton, “Reclaiming the ‘Right’: Origins of the Left Wing – Right Wing Dichotomy,” Ab Aeterno, Academy of Social & Political Research, Wellington, New Zealand, No. 16, July-September 2013.
  10. K. R. Bolton, The Banking Swindle, 96–100.
  11. K. R. Bolton, Revolution from Above (London: Arktos, 2011), 57–65.
  12. K. R. Bolton, The Banking Swindle, op., cit., 145–47.
  13. Parti pour l’abolition de l’impôt sur le revenu et de l’usure [Abolition of Income Tax and Usury Party] http://www.aitup.org.za/
  14. Peut-être analogue à un récent ministre des Finances du gouvernement travailliste, le Dr. Michael Cullen, dont la spécialité académique était l’histoire, et qui, à la question d’un membre de l’Institut du Crédit Social de Nouvelle-Zélande répondit que le crédit était créé à partir des comptes en banque des dépositaires.
  15. Goodson, Inside the Reserve Bank, 71-73.
  16. Voir : K. R. Bolton, “The Geopolitics of White Dispossession,” Richard B. Spencer editor, Radix (Washington Summit Publishers), Vol. 1, 2012, 105–30. Aussi : K. R. Bolton, Babel Inc. (London: Black House Publishing, 2013), “Decolonization as the Prelude to Globalization.”
  17. Voir : Gottfried Feder, Manifesto for the Breaking of the Financial Slavery of Interest (Surrey: Historical Review Press, 2013 [1919]) traduit [en anglais] par le Dr. Alexander Jacob. Aussi : G. Feder, The German State on a National and Socialist Foundation (Historical Review Press, 2013 [1932]), traduit [en anglais] par A. Jacob. Feder recevrait probablement plus d’attention aujourd’hui parmi les réformateurs bancaires s’il n’avait pas eu une influence sur l’économie nazie (tout comme le poète Ezra Pound, auteur d’une série de brochures incisives sur le système bancaire, s’il n’avait pas apporté son appui au fascisme).
  18. Erik Olssen, John A. Lee (Dunedin, New Zealand: Otago University Press, 1977), passim.
  19. K. R. Bolton, “Reductio ad Hitlerum as a Social Evil,” Inconvenient History, Vol. 15, No. 2, http://inconvenienthistory.com/archive/2013/volume_5/number_2/reductio_ad_hitlerum_as_a_social_evil.php
  20. Lisa Steyn, “Reserve Bank’s Holocaust Denier,” Mail and Guardian, April 13, 2012, http://mg.co.za/article/2012-04-13-reserve-banks-holocaust-denier

sabato 7 febbraio 2015

295 – monnaie pleine | Plus loin que Jorion

Source https://postjorion.wordpress.com/2015/02/05/295-monnaie-pleine/#more-2410

295 – monnaie pleine

Copies des pages explicatives du site  » Vollgeld  »



Dépôts entièrement garantis
Valeur affranchie de l’intérêt
ne dépendant plus du crédit
Il est tout à fait erroné de penser que seule la Banque nationale suisse a le privilège d’émettre de la monnaie. Ce sont les banques privées qui créent la masse monétaire sur la base des crédits qu’elles octroient à leurs clients, c’est de l’argent-dette. L’argent « fiduciaire » qui est émis sur mandat de la Confédération, ne représente que le 10ème de cette masse monétaire. Il est obtenu seulement lors du remboursement d’un montant en monnaie scripturale, lors d’un retrait au bancomat par exemple. Le reste, soit environ les 90% de la masse monétaire en circulation, est constitué de l’argent dit « scriptural ». L’octroi de crédit est guidé par le profit, les banques contrôlent entièrement le financement des initiatives entrepreneuriales et commerciales. La nature du crédit est donc une forme moderne d’asservissement de direction de l’ensemble de la société. La réforme monétaire propose de rendre à la Banque nationale suisse le monopole de l’émission de monnaie ainsi que de faire de la monnaie une valeur fiduciaire réelle et non plus la contrepartie d’une dette ou une marchandise sujette à spéculation. L’argent et son émission deviennent un service public visant à se conformer à l’intérêt national. Ci-dessous, les enjeux et étapes de cette innovation nécessaire.

N’est-il pas vrai que la Banque nationale suisse a le monopole de l’émission de monnaie ? On croit à tort que la BNS est l’institution qui, en Suisse, crée et met en circulation la monnaie. C’est bien ce rôle qui lui est attribué dans les articles 38 et 39 de la Constitution fédérale de 1874 et qui a prévalu à la création de la BNS en 1907. C’est ce même rôle – de « battre monnaie » et celui de mener une politique monétaire « servant l’intérêt général » – que lui reconnait la nouvelle Constitution fédérale de 1999. Mais la réalité est quelque peu différente. Il est vrai que l’argent fiduciaire est fourni par des institutions privées, les billets par la BNS, les pièces par Swissmint. Mais il importe de savoir que cette monnaie n’est obtenable que par le remboursement d’un montant en monnaie scripturale, par exemple lorsque l’on retire de l’argent à un bancomat. C’est ainsi que la monnaie fiduciaire est mise en circulation dans le système économique. Également, la monnaie fiduciaire ne représente que l’argent nécessaire aux petites transactions, elle ne représente que le dixième de la masse monétaire totale. C’est donc bien les banques privées qui créent et mettent en circulation l’ensemble de la masse monétaire, même si notre expérience de tous les jours – par la manipulation quotidienne de billets estampillés de la BNS et de la Confédération par exemple  – semble nous indiquer le contraire.

Seule la monnaie fiduciaire émise sur mandat de la Confédération a « cours légal ». C’est-à-dire que seule cette monnaie est protégée par le Droit et que l’État lui a conféré une « force libératoire » ou « cours légal » en imposant au créancier l’obligation d’accepter en règlement de sa créance la quantité de monnaie dont le montant correspond au montant de cette créance.[1] La monnaie scripturale, n’a quant à elle pas « cours légal » bien qu’aujourd’hui la plupart des gens acquittent leurs créances essentiellement au moyen de cette monnaie.

Qu’en est-il alors de « l’intérêt général » comme but constitutionnel de l’art. 99 ? Les banques privées sont des entreprises à but lucratif. Elles ne travaillent que pour le plus grand bénéfice possible de leurs actionnaires. Il n’est donc pas question pour elles de servir un quelconque intérêt général. En s’appropriant la création monétaire, les banques privées se sont substituées à l’Etat dans son rôle régalien et sans aucune contrainte de responsabilité sociale ! Mais que signifie exactement qu’une banque privée « crée de la monnaie » ?

Lorsqu’un client se présente à la banque pour y solliciter un « prêt », la banque augmente simplement son bilan du montant désiré. En d’autres termes, elle crée simplement une quantité d’argent supplémentaire, qui n’est somme toute, qu’une écriture : de l’argent scriptural. La banque enregistre le contrat de crédit, ie la promesse de remboursement du capital, comme un nouvel actif et elle ajoute le montant correspondant sur le compte du client, donc au passif de la banque. Et c’est pareil pour tout achat : elle n’a pas besoin d’avoir la somme correspondante avant, elle « crée » cette somme. L’argent créé et mis en circulation dans le système économique par le biais des dépenses de l’emprunteur, consiste donc essentiellement en une dette. Tout argent créé et mis en circulation est donc strictement associé à l’octroi d’un crédit, on parle ainsi de l’argent-dette.

La BNS et les banques commerciales privées constituent un réseau et fonctionnent ensemble sur la base d’un système de « réserve fractionnaire ». En simplifiant, on peut dire que ce réseau lie les banque pour n’en former qu’une et que la somme des mouvements de la monnaie scripturale est proche de l’équilibre. En effet, ce réseau forme un système fermé de sorte que l’argent débité d’une banque se retrouve au crédit d’une autre, et vice-versa. Pour chaque banque, les fonds de réserves nécessaires peuvent ainsi être très réduits et ne représenter qu’une fraction du volume des mouvements comptabilisés. La loi fixant des ratios pour l’émission de monnaie, les banques peuvent ainsi jouer au maximum de leur capacité de création monétaire. Il en résulte que les quantités d’argent émises par les banques ne pourraient jamais être converties en monnaie ayant cours légal ! La rareté de l’argent engendre une grande instabilité du système. De plus, dans ce contexte où les banques privées n’ont aucune contrainte de responsabilité sociale, l’économie réelle et l’ensemble des citoyens dépendent entièrement des banques privées et de leur bon vouloir à accorder des crédits, par exemple en période de crise, afin que l’argent ne finisse pas par manquer.

Ainsi, même dans une période de crise due à un surendettement et marquée par la contraction de la masse monétaire, la seule issue pour éviter une raréfaction plus grande de l’argent, consiste en ce que l’endettement global soit plombé plus encore par de nouvelles dettes. La création monétaire laissée aux banques privées est la forme moderne de l’asservissement par la dette, dont sont victimes États, institutions politiques, entreprises publiques et privées et la plus grande majorité des citoyens. La mention faite de « l’intérêt général » dans l’actuel article 99 de la Constitution semble finalement ne faire référence qu’à l’intérêt de quelques particuliers.

On peut donc affirmer que tant que création monétaire et octroi de crédits resteront associés l’un à l’autre, rien ne changera. Si le problème a pu être identifié, nous allons voir comment et pourquoi la modernisation monétaire par la Monnaie Pleine, c’est-à-dire une monnaie concrète et saine, est la bonne solution.

Que prévoit le projet de modernisation monétaire pour remédier à ces situations ? La réforme introduisant laMonnaie Pleine restitue à la seule Confédération le droit régalien. Le droit régalien est le droit exclusif à émettre la monnaie et à en alimenter le système économique. C’est précisément ce droit qui lui est d’abord reconnu dans la Constitution de 1874 et reconduit théoriquement dans la Constitution de 1999.

Le projet de modernisation « Monnaie Pleine » prévoit de faire de la BNS un « 4ème pouvoir » appelé pouvoir monétatif. La Banque nationale suisse voit ainsi ses statuts modifiés et son pouvoir requalifié. Dans ce cadre, la BNS aura pour tâches de créer l’argent conformément aux directives de la Confédération et de veiller à la stabilité de la masse monétaire et des prix dans un véritable souci de responsabilité sociale de rester au plus près des intérêts communs.

Le 4ème pouvoir ”Monétatif” peut apparaitre comme innovation politique majeure dans le contexte de la séparation des pouvoirs. C’est-à-dire qu’aux actuels pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif, est ajouté le monétatif dont l’objet est la souveraineté monétaire. La souveraineté du pouvoir monétatif s’exerce la monnaie fiduciaire (comme c’est déjà le cas) et s’étend sur la monnaie « scripturale » dont la création échappe actuellement au monopole d’État.

Autrement dit, la modernisation monétaire fera de l’argent et des banques ce que vous aviez toujours cru qu’ils étaient ! L’argent proviendra exclusivement de la BNS et les banques des entreprises qui administrent les fonds qui leurs sont confiés. Elles fonctionneront comme intermédiaires entre épargnants et emprunteurs, comme vous l’aviez toujours pensé.

L’argent comme une valeur fiduciaire saine, non sujette à spéculation ni à érosion, ni comme contrepartie d’une dette ! Avec la Monnaie Pleine l’argent va changer de nature. Il ne sera plus adossé à une dette, mais sera, également comme vous l’aviez toujours pensé et comme notre expérience de tous les jours nous offre de se le représenter : un symbole fiable ! Du point de vue comptable, les comptes de dépôts seront gérés hors du bilan de la banque comme c’est déjà le cas pour les actions par exemple. Comme pour les actions, l’argent que vous aurez déposé à la banque restera vraiment le vôtre. Aujourd’hui l’argent que vous mettez à la banque, par exemple sur un compte d’épargne, devient légalement la propriété de la banque. Simplement, la banque vous promet de vous le restituer. Mais les derniers événements tels que la crise Chypriote montrent que les promesses ne peuvent pas toujours être tenues et même qu’il ne s’agissait, en fin de compte, que de vaines paroles !

En gérant les comptes épargnes hors bilan, la banque devient une entreprise administrant la Monnaie Pleine. Cet argent reste donc votre argent ! Le système des « réserves fractionnaires » n’a alors plus aucune possibilité d’être. Avec la Monnaie Pleine, les instabilités systémiques sont donc supprimées !

Rendre le monopole de la création de monnaie à la BNS signifie également qu’en définitive, le réseau bancaire ne sera plus constitué comme aujourd’hui de niveaux multiples et particulièrement opaques. Avec la Monnaie Pleine, nous aurons un circuit unique. Ce circuit pourra donc être synonyme de fiabilité, de prévisibilité et de régulation. Ces attributs, sont les conditions nécessaires, non seulement à la participation démocratique et à la prise de décisions économiques éclairées et souveraines, mais également à ce que l’on attend d’un système économique, c’est-à-dire de permettre la réalisation de l’intérêt collectif.

Une réforme monétaire pour tendre réellement vers l’intérêt général : L’objectif essentiel de la réforme proposée est effectivement de tendre au mieux vers l’intérêt général. Aujourd’hui, une grande partie des crédits est absorbée par les marchés spéculatifs, ne laissant, comme l’adage le dit si bien, « que les miettes tombées de la table », à destination du marché économique productif de biens réels en faveur de la population. La Monnaie Pleine – en tant que monnaie concrète garantie par l’État et non adossé à un crédit sera quant à lui mis en circulation par le biais des prestations de l’État. Le projet de modernisation monétaire ne stipule rien quant à la manière d’investir l’argent. La mise en circulation de cet argent est laissée aux choix démocratiques. Cela pourrait être alors réalisé par le paiement de l’AVS, l’attribution de budgets à la formation etc. En ce sens, l’argent lui-même devient un service public ! C’est ainsi que cela devrait être depuis longtemps ! De cette manière l’objectif de réaliser l’intérêt collectif pourra être atteint.

L’introduction du régime de la Monnaie Pleinecomporte les points suivants :

Création monétaire par l’État souverain et contrôle de la masse monétaire

1.  Seule la Banque centrale, représentante du pouvoir monétatif, est en droit de créer de la monnaie (tant fiduciaire que scripturale) ainsi que du contrôle de la masse monétaire conformément à l’intérêt général du pays.

2.  Pour l’octroi de crédits, la gestion de fortune et les opérations financières, les banques restent compétentes exactement comme aujourd’hui, c’est là leur rôle.

La monnaie scripturale devient « Monnaie Pleine »

3.  Le jour du changement, tous les dépôts à vue libellés en monnaie scripturale sur les comptes courants (comptes à échéance journalière) seront déclarés Monnaie Pleine, c’est-à-dire moyens de paiements légaux.

4.  Les comptes de virement existant jusque-là deviennent des comptes libellés en Monnaie Pleine bien qu’ils soient évidemment sous forme de monnaie électronique. Ils restent utilisables pour des paiements. D’une part, ils se différencient clairement des comptes d’épargne qui eux sont inutilisables pour des paiements. Et deuxièmement les comptes courant sont sortis du bilan des banques.  De cette manière, les liquidités des clients ne sont pas perdues en cas de faillite de la banque.

La « Monnaie Pleine » est une monnaie « concrète » et sera mise en circulation par l’État et ses prestations de service public.

5.  Les bénéfices liés à l’émission de la Monnaie Pleinecaptés par la BNS seront mis à disposition de la communauté.

6.  La mise en circulation de la Monnaie Pleine se réalise soit par les dépenses dans les prestations publiques, soit comme dividendes, directement versés aux citoyen(ne)s. En cas de besoin, la BNS peut mettre à disposition des banques des crédits supplémentaires.

Période transitoire

7. Les dettes (en monnaie scripturale) préalablement contractées auprès des banques par les créanciers, deviennent des dettes des banques dues à la BNS enMonnaie Pleine. De cette manière la masse monétaire reste stable après remboursements des emprunteurs.

8. Les sommes payées en Monnaie Pleine aux banques en remboursement des crédits existants, seront alors transmises à la Banque nationale. Cet argent remboursera les dettes de chacune des banques auprès de la BNS. Toute nouvelle émission monétaire additionnelle sera le fait de la BNS.


[1] Charles André Junod “Grand Commentaire de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du  du 29 mai 1874” éditions Schulthess, 1988.

Au fait, il faisait quoi chez Rothschild, Emmanuel Macron ? - Rue89 - L'Obs

Fonte: http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/28/fait-faisait-quoi-chez-rothschild-emmanuel-macron-254442

Rémi Noyon | Journaliste Rue89






Avant de devenir ministre de l’Economie, le jeune énarque a travaillé dans les bureaux feutrés de la banque d’affaires. C’est dans cet établissement au cœur du pouvoir qu’il s’est acoquiné avec les patrons français.



Jacques Attali et Emmanuel Macron, lors de la première réunion de la commission Attali, en septembre 2007 (HALEY/SIPA)
On lui accordera le sens du timing. Emmanuel Macron devient banquier d’affaires [PDF] en septembre 2008, dix jours seulement avant la chute de Lehman Brothers. Le jeune homme n’a alors que 30 ans et va gagner en quelques années seulement, malgré les soubresauts de la crise financière, son surnom de« Mozart de la finance ».
Macron fait partie de ces énarques satinés qui décrochent très vite de jolies fonctions dans le privé, plutôt que de poursuivre dans l’administration ou les cabinets ministériels. Après sa sortie de l’Ena (Ecole nationale d’administration), il a passé plusieurs années à « l’Inspection » (générale des Finances) tout en s’attirant les bonnes grâces de l’économiste Jacques Attali, qui le recommandera à François Henrot, le bras droit de David de Rothschild.
Macron intègre donc Rothschild & Cie qui est, avec sa concurrente Lazard, l’archétype de la banque d’affaires. On y rentre stagiaire avant de gravir les échelons, frayant à travers les PowerPoint, les tableaux Excel et les nuits qui n’en finissent plus dans des bureaux feutrés. « Analyst », « manager », « assistant director », puis « director », « managing director » et « partner ». Des années de travail pour accéder au Graal.

« Un des meilleurs »

Le jeune énarque saute allègrement quelques étapes du cursus honorum. En deux ans, Macron est catapulté associé-gérant de la banque familiale – la crème de la crème. A en croire ceux qui ont travaillé avec lui, cette ascension fulgurante était amplement justifiée par ses qualités. Joint par Rue89, François Henrot ne tarit plus d’éloges sur son ancienne recrue :
« Avec ce mélange, rarissime, surtout à un si jeune âge, de rapidité intellectuelle, de puissance de travail, de sûreté dans le jugement et de charme, il aurait été, s’il était resté dans le métier, un des meilleurs en France, sans doute même en Europe. »
Le charme fonctionne si bien que les quelques aigreurs provoquées par son arrivée soudaine sont vites oubliées. Macron progresse rapidement, n’hésite pas à questionner ses collègues sur certains outils financiers.
Le jeune homme va conseiller de grandes entreprises dans leurs opérations de fusions-acquisitions. Il lui faut maîtriser des connaissances – juridiques, comptables, financières et fiscales – qu’il n’a pas forcément. Mais il apprend.

« Le mimétisme sert de guide »

Dans la banque, la « fusacq » est considérée comme la voie royale des affaires. C’est de la haute voltige, qui demande de la réactivité, des réseaux et une grande tolérance à la caféine. Ce secteur cristallise tout l’imaginaire du business et de l’ambition. On y travaille tard pour des clients exigeants, sous la pression de montants importants. Il n’est pas rare qu’une opération fasse la une des journaux. Sur un gros coup, un jeune loup peut très vite sortir de l’anonymat.
Le but ? Dégager de nouveaux horizons et conclure les deals (dans le jargon, on parle « d’exécution » et ce n’est pas anodin) : vendre une filiale, fusionner avec une entreprise. Quand des emplois sont en jeu, on appelle ça des « doublons ».
L’abondance de chiffres façonne fatalement une vision particulière de l’entreprise. D’aucuns en feront un élément à charge contre le nouveau ministre de l’Economie, même si un manager, qui a travaillé avec Macron, tient à préciser que les banquiers s’intéressent aussi « aux hommes ».
Dans son passionnant livre-enquête « Rothschild, une banque au pouvoir » (éd. Albin Michel, 2012), Martine Orange cite Macron qui reconnaît lui-même que les analystes sont parfois aveuglés par leurs habitudes :
« Le métier de banquier d’affaires n’est pas très intellectuel. Le mimétisme du milieu sert de guide. »

Dossiers, stabilos et « beauty contest »

Pour ceux qui tiennent le coup, le quotidien est peuplé de dossiers et de stabilos. Un associé doit tout savoir sur les entreprises et les secteurs qu’il laboure. Il lui faut lire les revues spécialisées (Agefi, Merger market, etc.), préparer les réunions et s’assurer que les présentations sont étincelantes de clarté. L’essentiel étant d’entretenir la confiance avec ses clients.
Tout cela, les rescapés de la « fusacq » vous le racontent avec profusion d’anglicismes. En « M&A » (« mergers and acquisitions »), il y a les « beauty contest » (mini-appels d’offres passés par une entreprise à l’attention de diverses banques) et le démarchage de « mandats » (des opérations demandées par les clients). Mais chacun retrouve son plus beau français lorsqu’il s’agit de vanter la culture d’entreprise de Rothschild, réputée peu tapageuse et familiale.
Selon François Henrot, la structure collégiale imposerait de fait une certaine retenue :
« Dans une commandite simple comme la nôtre, une faute d’un associé peut engager la responsabilité solidaire et illimitée de tous... d’où l’importance du choix d’un nouvel associé. Pour Macron, la décision a été unanime, immédiate, évidente. »
Dans cet environnement, Macron, le jeune qui plaît aux vieux, rencontre sa première heure de gloire. Il décroche ses premiers « mandats » – le critère de réussite dans les affaires.
Après de multiples rencontres avec Peter Brabeck, le patron de Nestlé croisé à la commission Attali, le banquier parvient à piloter le rachat des laits infantiles de Pfizer. La baston avec Danone est dantesque. La transaction est évaluée à neuf milliards d’euros. Grâce à son coup, Macron va se mettre « à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours ». C’était en 2012.
Le futur ministre de l’Economie s’est également occupé de Presstalis, de Sofiprotéol et de la reprise de Siemens IT par Atos, dirigée par l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton. Il est à chaque fois « conseiller acquéreur ». Vers la fin de sa courte carrière de banquier, il s’intéresse particulièrement à l’agroalimentaire. Chez Rothschild, les associés-gérants n’ont pas de secteurs explicitement dédiés, mais chacun entretient ses clients et ses marottes.

Le secret, c’est le secret

Une partie de son temps est dédiée à « l’influence ». Ainsi, il conseille « bénévolement » la société des rédacteurs du Monde (SRM), lorsque le trio Bergé, Niel et Pigasse s’apprête à reprendre le quotidien (dont les propriétaires sont aujourd’hui les mêmes que Rue89). La SRM demande à repousser la date de dépôt des offres.
Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, est persuadé que David de Rothschild – proche de Nicolas Sarkozy et d’Alain Minc (qui ne l’est pas ?) – essaie de lui faire des crocs-en-jambe. Macron dément, mais il reste soupçonné de favoriser Prisa, un groupe espagnol, qu’il conseillera un an plus tard lors d’une restructuration financière.
Macron s’est-il un jour planté ? Quelles sont les autres sociétés pour lesquelles il a travaillé ? « Le secret, c’est le secret. » Chez Rothschild, consigne a été donnée de ne pas bavarder. Au lendemain de la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie, les collaborateurs de la banque sont assaillis par les médias et s’en tiennent à l’image du jeune génie de la finance, du mec sympa.
En effet, le charme est essentiel. Dans son livre, la journaliste Martine Orange raconte la fureur d’Edouard de Rothschild, à la fin des années 80, quand il découvre dans la presse un mariage entre deux entreprises. Comment se fait-il que la banque ne soit pas au courant ? Les affaires doivent voir converger « tous les bruits, les projets, les rumeurs ». Des années plus tard, rien n’a changé.
Propre sur soi, à l’image de Macron, la banque Rothschild est aussi – bien qu’elle s’en défende – très liée au milieu politique, tout comme sa concurrente Lazard. Tissées par des études communes et des amitiés forgées dans les cercles du pouvoir, ces liaisons fructueuses en font parfois « des ministères bis de l’Industrie et de l’Economie. » Le nom de Rothschild a d’ailleurs longtemps charrié des images d’empire financier, ce qui poussera les socialistes à nationaliser la banque en 1982. La nomination de Macron au gouvernement n’en est que plus ironique.

« La banque du Président »

Lorsqu’il arrive chez Rothschild, Emmanuel Macron est déjà bien introduit. Il fréquente Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée qui ce mardi a annoncé avec un sourire sa nomination au ministère, ou encore Jacques Attali (grâce à la commission du même nom). Mais François Henrot tient à préciser qu’il n’a pas recruté un « carnet d’adresses ». Si Emmanuel Macron connaît aujourd’hui les principaux patrons français, il a dû s’appuyer à l’époque sur la réputation de la banque pour s’ouvrir des portes.
LA CITATION QUI TUE
Avant d’être nommé ministre, Emmanuel Macron a eu de jolies phrases :
  • « Aujourd’hui, je ne suis pas prêt à faire les concessions qu’imposent les partis, c’est-à-dire à m’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé, à m’excuser d’avoir passé des concours de la République qui sont ouverts à tout le monde. » (Rue Saint Guillaume, avril 2010)
  • « [Il faudrait] sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas. » (Le Point, août 2014)
Avant Emmanuel Macron, c’est François Pérol qui incarnera ces accointances politiques en devenantsecrétaire général adjoint de l’Elysée, après avoir travaillé chez Rothschild.
L’entregent de Rothschild est démultiplié au point que le Nouvel observateur titrera « La banque du Président ».
On pourrait aussi citer Sébastien Proto (de la même promo de l’Ena que Macron), qui a été directeur de cabinet d’Eric Woerth, Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur, ou Grégoire Chertok, proche de Jean-François Copé. Nicolas Sarkozy gravitera aussi un temps dans le giron de la banque.
A chaque changement de gouvernement, Rothschild réussit donc à placer quelques collaborateurs dans les petits papiers du pouvoir. On appelle cela « se mettre au service ». Macron est un ancien, mais il perpétue la tradition. Et il a laissé de tellement bons souvenirs que les banquiers ne sont pas prêts de l’oublier.

martedì 27 gennaio 2015

Comment on crée de la monnaie à partir de rien

L'HEBDO

Fairy Dust ou comment on crée de la monnaie à partir de rien

Mis en ligne le 25.01.2015 à 17:30
Nicolas Giannakopoulos

La période semble bonne. Matteo Renzi, le plus jeune de la "bande à Davos" l'avait même déclaré ces derniers jours que "du chaos doivent sortir de nouvelles directions". La BNS abandonne son taux plancher, la BCE rachéte de la dette, les USA se porte à ravir malgré un taux d'endettement public et privé jamais atteint sur cette planète et le tsunami Syriza emporte tout sur son passage lors des législatives grecques en cours à l'heure ou j'écris.
L'ensemble de ces éléments à un point commun: la dette publique et son effet sur les populations, directement comme indirectement. Et qui dit dette publique dit politique monétaire, dit aussi crise financière (depuis 2008 tout de même) et crise d'austérité. On sait que la question est d'importance. D'abord parce qu'elle impacte citoyens et entreprises directement et parfois très violemment, sur la durée, mais également qu'elle met en balance un modèle d'organisation financière avec lequel les systèmes démocratiques ou non, européens ou non ont choisi de composer, de travailler, de co-gérer et de s'assembler. Finalement, la question de la monnaie n'est rien d'autre que LA grande question sur laquelle repose notre avenir, notre système démocratique, notre qualité de vie et notre futur. Il mérite donc un peu de notre intérêt.
Bizarrement toutefois, le domaine reste l'apanage d'un petit cercle d'illuminés, composé de manière très sectorisée d'économistes de haut vol, de prédicateurs gauchisants ou extrême-droitisants, et de vidéos partielles, éducatives ou propagandistes sur YouTube, Facebook, Tweeter, etc.
Je m'arrête donc ici pour signaler quelques éléments et recherches que personne ne pourra me taxer plus tard d'être partisanes, propagandistes, illuminées ou quoi que ce soit. Ce billet à un but uniquement informatif.
Dans son édition de Décembre 2014, la International Review of Financial Analysis publiait un article de finance empirique du Prof. Richard A. Werner (ici). Ce dernier mettait d'abord en lumière les différentes hypothèses sur la question de savoir si les banques créaient effectivement de la monnaie (de l'argent) à partir de rien. Selon la "financial intermediation theory of banking", la banque est un simple interrmédiaire de dépôt et de prêt de ces derniers, comme n'importe quelle autre institution pourrait le faire et donc ne crée pas de monnaie. Selon la "fractional reserve theory of banking", les banques individuelles ne crèent pas de monnaie singulièrement, mais leurs intéractions systémiques font qu'il en résulte de la création de monnaie. Enfin, selon la "credit creation theory of banking", la banque est un organisme individuel qui possède le pouvoir, conféré par le Droit, de créer de la monnaie à partir de rien du tout. L'auteur s'étonne qu'une question d'une telle importance n'aie jamais fait l'objet d'une étude empirique à proprement parler. Ainsi, avec la complicité d'une banque, il a réalisé cette étude empirique.
Au final, il apparaît formellement que la banque crée de la monnaie à partir de rien du tout, d'oû l'expression de "fairy dust", de la poussière de fée créée par chaque banque individuelle, "out of thin air" comme disent les anglais, c'est à dire à partir de rien du tout.
L'expérience qui a consisté à suivre simultanément les opérations d'écriture, les opérations comptables et les opération en monnaie scripturale lors de l'octroi, l'utilisation et le remboursement d'un crédit montre que clairement que ladite opération de crédit résulte dans un création monétaire pure et simple. Mais plus encore: elle montre que comptablement, l'argent ainsi créé n'est attribué nulle part mais qu'il est bien réel. Dans plusieurs articles, le Prof. Marco Saba du Centre d'Etudes Monétaires de Modena (ici) qui étudie ces questions depuis plus de 10 ans constate que les banques qui créent ainsi de l'argent, de la monnaie, ne paient aucun impôt sur ces valeurs puisqu'elles ne sont comptabilisées nulle part, mais qu'elles sont pourtant bien réelles et permettent d'acheter des choses tangibles (si vous avez une carte de crédit, vous savez de quoi je parle).
Ainsi, non seulement il apparaît impensable qu'un organisme qui possède un droit de convention pour créer de la monnaie fasse faillite, mais qu'en plus, selon les calculs du CSM, les impôts de seulement 3 ans de cette manne bancaire non déclarée permettrait de résorber complètement le déficit public italien (sic !) et une comptabilisation correcte permettrait un véritable révolution monétaire qui permettrait à tout individu ou de toute entreprise d'un certain pays de ne plus jamais payer d'impôt pour autant que la monnaie dudit pays soit gérée et générée de manière transparente (la base des études du CSM sont les normes comptables GAAP).
Il ne s'agit pas ici d'utiliser ces informations, comme trop l'ont fait, pour attaquer les banques, pour déclarer qu'elles ne sont que des instances criminelles ou des vautours quise nourissent des dépouilles d'une population exangue à force de payer des dettes trop élevées. Les crédits sont nécessaires. Ils sont des paris sur l'avenir qui ont autant de tangibilité que les idées: certaines sont bonnes, d'autres moins. Sans le crédit et la réserve fractionnaire (inscrite par exemple dans la Loi sur la Banque Nationale Suisse (section 2 - réserves minimales)), nous en serions encore au Moyen Age voire à l'Age de la Pierre (puisque la réserve fractionnaire était déjà pratiquée par les empereurs romains).
Mais il convient de savoir que les systèmes de la création de la monnaie, pour complexe qu'ils soient, ne sont pas compliqués. Tant la théorie quantitative de la monnaie que les formules prudentielles de multiplication qui fondent les réglementations nationales ou internationales (p.ex. le ratio McDonough dans le traité Bâle II) tentent de mettre des limites à l'expansion indéfinie de la monnaie par des institutions privées dans des buts particuliers voire sectoriels. Mais il en reste que la dette publique est avant tout une situation scripturale qui peut se régler en une seule décision.
Pourquoi personne ne prends alors cette décision me direz vous. Parce que la valeur d'une monnaie est avant tout fonction de la psychologie des consommateurs se projetant dans le futur (individus et entreprises). Comme personne n'a de boule de cristal et qu'un futur connu modifie le futur lui-même, une telle décision n'est pas facile à prendre ni à gérer. Mais cela nous invite à réfléchir sur plusieurs éléments: les conséquences que ce système fait porter à court et moyen termes sur notre niveau de vie et notre civilisation d'une part, et sur le fait que baser l'anticipation de son futur sur des éléments secrets autant qu'abscons ne saurait être une solution pour gérer des communautés mondialisées, hyperconnectées et face à des défis qui requiertent à la fois vision, courage et anticipations de long terme. N'aurions nous pas à y gagner si nous discutions de ce que nous voulons de notre futur plutôt que de chercher à anticiper un écheveau de possibilités techniquement inextricable ? Les grandes réalisations humaines qui font notre bien être d'aujourd'hui sont oeuvre de populations qui ont décidé un jour d'être ce qu'elles voulaient être et s'en donnèrent les moyens, établissant de grands résultats sans pour autant qu'ils soient exactement ce qu'ils avaient prévus. Savons nous, nous mêmes, ce que nous voudrons être, en terme de civilisation, dans 100 ou 200 ans ?