martedì 14 maggio 2024

14 pays africains contraints par la France à payer le seigneuriage

« La politique coloniale, c'est la politique économique de la France! » 
JULES FERRY

28 février 2014

Photo : Foccart & Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique
Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !
Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.
Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée.

martedì 27 gennaio 2015

Comment on crée de la monnaie à partir de rien

L'HEBDO

Fairy Dust ou comment on crée de la monnaie à partir de rien

Mis en ligne le 25.01.2015 à 17:30
Nicolas Giannakopoulos

La période semble bonne. Matteo Renzi, le plus jeune de la "bande à Davos" l'avait même déclaré ces derniers jours que "du chaos doivent sortir de nouvelles directions". La BNS abandonne son taux plancher, la BCE rachéte de la dette, les USA se porte à ravir malgré un taux d'endettement public et privé jamais atteint sur cette planète et le tsunami Syriza emporte tout sur son passage lors des législatives grecques en cours à l'heure ou j'écris.
L'ensemble de ces éléments à un point commun: la dette publique et son effet sur les populations, directement comme indirectement. Et qui dit dette publique dit politique monétaire, dit aussi crise financière (depuis 2008 tout de même) et crise d'austérité. On sait que la question est d'importance. D'abord parce qu'elle impacte citoyens et entreprises directement et parfois très violemment, sur la durée, mais également qu'elle met en balance un modèle d'organisation financière avec lequel les systèmes démocratiques ou non, européens ou non ont choisi de composer, de travailler, de co-gérer et de s'assembler. Finalement, la question de la monnaie n'est rien d'autre que LA grande question sur laquelle repose notre avenir, notre système démocratique, notre qualité de vie et notre futur. Il mérite donc un peu de notre intérêt.
Bizarrement toutefois, le domaine reste l'apanage d'un petit cercle d'illuminés, composé de manière très sectorisée d'économistes de haut vol, de prédicateurs gauchisants ou extrême-droitisants, et de vidéos partielles, éducatives ou propagandistes sur YouTube, Facebook, Tweeter, etc.
Je m'arrête donc ici pour signaler quelques éléments et recherches que personne ne pourra me taxer plus tard d'être partisanes, propagandistes, illuminées ou quoi que ce soit. Ce billet à un but uniquement informatif.
Dans son édition de Décembre 2014, la International Review of Financial Analysis publiait un article de finance empirique du Prof. Richard A. Werner (ici). Ce dernier mettait d'abord en lumière les différentes hypothèses sur la question de savoir si les banques créaient effectivement de la monnaie (de l'argent) à partir de rien. Selon la "financial intermediation theory of banking", la banque est un simple interrmédiaire de dépôt et de prêt de ces derniers, comme n'importe quelle autre institution pourrait le faire et donc ne crée pas de monnaie. Selon la "fractional reserve theory of banking", les banques individuelles ne crèent pas de monnaie singulièrement, mais leurs intéractions systémiques font qu'il en résulte de la création de monnaie. Enfin, selon la "credit creation theory of banking", la banque est un organisme individuel qui possède le pouvoir, conféré par le Droit, de créer de la monnaie à partir de rien du tout. L'auteur s'étonne qu'une question d'une telle importance n'aie jamais fait l'objet d'une étude empirique à proprement parler. Ainsi, avec la complicité d'une banque, il a réalisé cette étude empirique.
Au final, il apparaît formellement que la banque crée de la monnaie à partir de rien du tout, d'oû l'expression de "fairy dust", de la poussière de fée créée par chaque banque individuelle, "out of thin air" comme disent les anglais, c'est à dire à partir de rien du tout.
L'expérience qui a consisté à suivre simultanément les opérations d'écriture, les opérations comptables et les opération en monnaie scripturale lors de l'octroi, l'utilisation et le remboursement d'un crédit montre que clairement que ladite opération de crédit résulte dans un création monétaire pure et simple. Mais plus encore: elle montre que comptablement, l'argent ainsi créé n'est attribué nulle part mais qu'il est bien réel. Dans plusieurs articles, le Prof. Marco Saba du Centre d'Etudes Monétaires de Modena (ici) qui étudie ces questions depuis plus de 10 ans constate que les banques qui créent ainsi de l'argent, de la monnaie, ne paient aucun impôt sur ces valeurs puisqu'elles ne sont comptabilisées nulle part, mais qu'elles sont pourtant bien réelles et permettent d'acheter des choses tangibles (si vous avez une carte de crédit, vous savez de quoi je parle).
Ainsi, non seulement il apparaît impensable qu'un organisme qui possède un droit de convention pour créer de la monnaie fasse faillite, mais qu'en plus, selon les calculs du CSM, les impôts de seulement 3 ans de cette manne bancaire non déclarée permettrait de résorber complètement le déficit public italien (sic !) et une comptabilisation correcte permettrait un véritable révolution monétaire qui permettrait à tout individu ou de toute entreprise d'un certain pays de ne plus jamais payer d'impôt pour autant que la monnaie dudit pays soit gérée et générée de manière transparente (la base des études du CSM sont les normes comptables GAAP).
Il ne s'agit pas ici d'utiliser ces informations, comme trop l'ont fait, pour attaquer les banques, pour déclarer qu'elles ne sont que des instances criminelles ou des vautours quise nourissent des dépouilles d'une population exangue à force de payer des dettes trop élevées. Les crédits sont nécessaires. Ils sont des paris sur l'avenir qui ont autant de tangibilité que les idées: certaines sont bonnes, d'autres moins. Sans le crédit et la réserve fractionnaire (inscrite par exemple dans la Loi sur la Banque Nationale Suisse (section 2 - réserves minimales)), nous en serions encore au Moyen Age voire à l'Age de la Pierre (puisque la réserve fractionnaire était déjà pratiquée par les empereurs romains).
Mais il convient de savoir que les systèmes de la création de la monnaie, pour complexe qu'ils soient, ne sont pas compliqués. Tant la théorie quantitative de la monnaie que les formules prudentielles de multiplication qui fondent les réglementations nationales ou internationales (p.ex. le ratio McDonough dans le traité Bâle II) tentent de mettre des limites à l'expansion indéfinie de la monnaie par des institutions privées dans des buts particuliers voire sectoriels. Mais il en reste que la dette publique est avant tout une situation scripturale qui peut se régler en une seule décision.
Pourquoi personne ne prends alors cette décision me direz vous. Parce que la valeur d'une monnaie est avant tout fonction de la psychologie des consommateurs se projetant dans le futur (individus et entreprises). Comme personne n'a de boule de cristal et qu'un futur connu modifie le futur lui-même, une telle décision n'est pas facile à prendre ni à gérer. Mais cela nous invite à réfléchir sur plusieurs éléments: les conséquences que ce système fait porter à court et moyen termes sur notre niveau de vie et notre civilisation d'une part, et sur le fait que baser l'anticipation de son futur sur des éléments secrets autant qu'abscons ne saurait être une solution pour gérer des communautés mondialisées, hyperconnectées et face à des défis qui requiertent à la fois vision, courage et anticipations de long terme. N'aurions nous pas à y gagner si nous discutions de ce que nous voulons de notre futur plutôt que de chercher à anticiper un écheveau de possibilités techniquement inextricable ? Les grandes réalisations humaines qui font notre bien être d'aujourd'hui sont oeuvre de populations qui ont décidé un jour d'être ce qu'elles voulaient être et s'en donnèrent les moyens, établissant de grands résultats sans pour autant qu'ils soient exactement ce qu'ils avaient prévus. Savons nous, nous mêmes, ce que nous voudrons être, en terme de civilisation, dans 100 ou 200 ans ?

mercoledì 21 gennaio 2015

L'Émirat islamique adopte son budget 2015

Source: http://www.voltairenet.org/article186378.html



 


+




L’Émirat islamique a adopté son budget 2015. Il s’élève à 2 milliards de dollars.
Ce budget comprend le salaire des jihadistes (500 à 650 dollars par mois, contre 300 à 600 dollars pour les autres groupes jihadistes) et les prestations sociales aux familles des victimes des bombardements de la Coalition internationale.
Selon le porte-parole de l’Émirat islamique, ce budget est équilibré. L’organisation dispose en outre de 250 millions de dollars qu’elle se réserve pour d’autres actions militaires.
Les revenus de l’Émirat islamique proviennent principalement des subventions publiques que lui accordent secrètement la Turquie et l’Arabie saoudite, de l’aide de la CIA, des dons privés de personnalités du Qatar, du pillage de l’Irak et de la Syrie (incluant à présent de manière purement résiduelle le trafic d’hydrocarbures), et désormais du contrôle mondial du trafic d’héroïne afghan [1].
Islamic State group sets out first budget, worth $2bn”, Al-Araby al-Jadeed, January 4, 2015.

lunedì 19 gennaio 2015

Bernard Maris: la Banque de France

Extrait de L'Antimanuel de l'économie, de Bernard Maris 

La Banque de France


La Banque de France était à l'origine une banque privée, dotée d'une assemblée ou d'un conseil des deux cents gros actionnaires. Ces deux cents actionnaires les plus puissants de la place de Paris ont donné naissance au mythe des « deux cents familles », les deux cents familles bourgeoises contrôlant l'argenten France et cimentant le « mur de l'argent », ce mur contre lequel se heurtaient les gouvernements progressistes. Les régents de la Banque de France étaient recrutés dans les deux cents familles, lesMallet, Vernes, Rothschild, Hottinger, Wendel.
La loi de germinal an XI définissait la parité du franc par rapport à deux métaux, l'or et l'argent, la Banque de France devant, statutairement, garantir la solidité dufranc, en contrôlant le volume de la création monétaire. En gros, la Banque suivait le principe du « tiers »:le crédit consenti à l'économie était égal à trois fois les réserves d'or et d'argent contenues dans lescaisses. C'était une gestion prudente et le franc germinal se révéla la plus solide de toutes les monnaies, résistant le dernier à la crise de 1929 et restant convertible en or jusqu'en 1936, alors que la livre, le dollar, le mark étaient depuis longtemps inconvertibles.(10) 
Mais les banquiers et les industriels du conseilde la Banque de France, contrôlant le crédit, contrôlaient d'une certaine manière la politique de la France.Ainsi, l'État s'était ruiné après la guerre de 14. Les dépenses de reconstruction étaient importantes. Le chômage menaçait. La politique coloniale était coûteuse. Les dépenses à caractère social pointaient leur nez, l'éducation coûtait cher. En 1924, arrive au pouvoir le Cartel des gauches, qui demande des avancesà la Banque de France pour boucler son budget. Une avance de la Banque de France à l'État, autrementdit au Trésor, se traduit dans le langage populaire par: « faire marcher la planche à billets ». Moreau, lerégent de la Banque de France, refuse. Herriot, le président radical du Conseil, démissionne! La Banquede France a fait chuter le gouvernement! La gauche s'est fracassée contre le mur de l'Argent!  Pierre Laval, chef du gouvernement en 1934, et surtout Léon Blum, président du Conseil dans le gouvernement du Front populaire en 1936, soumettent la Banque de France à la tutelle publique. Vincent Auriol, ministre des Finances du Front, déclare: 

« Les banques je les ferme, les banquiers je les enferme!» 

Il décrète le franc inconvertible. Les régents de la Banque de France, transformés en gouverneurs, et des sous-gouverneurs sont nommés par l'État. En 1945, le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, nationalise la Banque de France: c'est fini. En même temps, les trois grandes banques de dépôt, le Crédit Lyonnais, le Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP), la Banque nationale pour lecommerce et l'industrie (BNCI)(11), sont nationalisées. Le crédit est sous tutelle publique. L'État a recouvré son autorité sur la monnaie, mais cela ne durera pas. 

Rétour de la création monétaire au privé

1945-1993: presque un demi-siècle de tutelle publique. En fait, l'État cesse de contrôler le crédit en 1983, lorsque le gouvernement socialiste décide d'arrimer le franc au mark, monnaie forte, de stabiliser la France dans l'Europe et de laisser le contrôle du crédit et de l'émission monétaire (de nouveau!) à la Banque de France. L'État a donc contrôlé le crédit de 1934 à 1983, pendant cinquante ans.

En 1993, l'État prend acte de l'indépendance de la Banque de France, par la loi de décembre. Désormais, le gouverneur est nommé mais ne peut plus être « démissionné » par l'État. Il est interdit à la Banque de


financer le déficit du budget de l'État, autrement dit, de faire marcher la « planche à billets ». Si l'État a besoin de sous, qu'il les emprunte et qu'il les rembourse! Les nouveaux statuts de la Banque interdisent aux membres de son conseil (art. 1) « de solliciter ou d'accepter d'instruction du gouvernement ou de toute personne ». Et voilà. Le pouvoir politique est soumis. La dictature des rentiers a triomphé. Les statuts de la Banque de France, calqués (et « aggravés » en quelque sorte) sur ceux de la Bundesbank, gardienne du temple de la monnaie forte, seront copiés par la Banque centrale européenne. L'ordre des créanciers règne en Europe. Aux États-Unis, c'est l'inverse. La Banque fédérale de réserve est responsable devant le Congrès. La planche à billets fonctionne toujours. Le statut d'hyper-puissance permet aux États-Unis d'accaparer, chaque année, les deux tiers de l'épargne nouvelle dans le monde, essentiellement en provenance d'Europe ou du Japon. Les États-Unis, souverains du monde, fonctionnent selon le principe régalien de la création monétaire. 

Voilà une question essentielle d'économiste: qui fabrique l'argent qui nous fait vivre? Au profit de qui? Pour quelles activités? De 1945 à 1976, en France, l'État fabrique l'argent au profit de la reconstruction, puis de la croissance. Et puis, après cette très brève parenthèse du capitalisme, le privé reprend ses droits.



(10) Déjà politique du franc ultra fort, déflationniste, qui fit dire à Keynes que les « Français étaient des paysans assis sur leur tas d'or ».
(11) La BNCI et le CNEP fusionneront pour donner la BNP en 1966. En 2001, la BNP fusionnera avec laBanque Paribas.




giovedì 15 gennaio 2015

Le texte de la chronique de Siné non paru- 23 juillet 2008 - L'Obs


"Je ne partirai que par la force des baïonnettes !

Il a préféré s’exclure de nos colonnes et je le regrette. » C’est dans ces termes que Philippe Val terminait son éditorial dans le dernier Charlie. Mes avocats sont formels : cela ne signifie aucunement que je sois viré. Il laisse seulement croire que j’ai démissionné, ce qui est absolument faux. Je continuerai donc, jusqu’à la réception d’une lettre officielle de licenciement à envoyer régulièrement ma rubrique ! Je vais, aujourd’hui, vous dire mon intime conviction : Philippe Val ayant tous les pouvoirs à Charlie et régnant en maître absolu sans jamais tenir aucun compte de l’avis de ses collaborateurs, m’en voulait à mort d ‘être le seul résistant depuis la mort de Gébé et d’écrire, dans ce qu’il appelait, avec un certain culot, "SON" journal, des propos souvent diamétralement opposés aux siens. Il caressait, depuis longtemps, l’envie de m’évincer mais craignait de violentes réactions. (A juste titre, car on assiste, depuis une semaine, à un véritable tsunami de protestations indignées). Il n’osait m’attaquer de front, mais m’asticotait souvent, me demandant lui-même ou par sectateurs interposés, de changer un mot ou de corriger une phrase qui le choquait. L’excuse invoquée, à tous les coups, était la crainte d’un procès. Certains de mes propos pouvaient, d’après lui, être mal interprétés et passer pour homophobes, antiféministes mais, le plus souvent, antisémites. Je luttais pied à pied mais abandonnais toujours et finissais par trouver une formule moins percutante mais qui le satisfaisait. (Je ricane doucement quand il prétend ne pas avoir lu mon texte car, quand il ne les épluchait pas lui-même, il envoyait au charbon Gérard Biard, Oncle Bernard ou carrément Richard Malka, son avocat (qui est aussi celui de Clearstream !) Ma dernière "zone" où je prenais la défense de Denis Robert l’a mis dans tous ses états. Fou de rage, il a confié le soin à l’un de ses copains, n’osant le faire lui-même, un dénommé Askolovitch du Nouvel Obs, de me régler mon compte. Je vous fais grâce des épisodes sordides et la plupart du temps, douloureux, au cours desquels Charb, que j’appelais jusque là affectueusement mon "neveu", s’est conduit d’une façon invraisemblable qui défie toutes les lois de l’amitié ! Je ne l’ai pas encore digéré, j’en ai gros sur la patate ! Au final, je poursuis en correctionnelle l’imprudent journaliste qui s’est permis de me traiter d’"antisémite" sur les ondes de RTL à une heure de grande écoute et de répéter les propos de son pote Val me qualifiant, en plus d’antisémite, d’« ordure » ! Ils vont apprendre qu’on ne diffame pas impunément ! Quant à mon supposé antisémitisme, je n’ai jamais été antisémite, je ne suis pas antisémite, je ne serai jamais antisémite. Je condamne radicalement ceux qui le sont mais je n’ai guère d’estime non plus pour tous ceux, juifs ou non, qui jettent inconsidérément ce mot abject à la gueules de leurs adversaires pour les déconsidérer sachant que cette accusation est l’insulte suprême depuis la Shoah. Cela devient proprement insupportable ! En ce qui me concerne, j’éprouve autant d’antipathie pour tous ceux qui, encore une fois, juifs ou non, qui défendent le régime israélien que pour ceux qui défendaient l’apartheid en Afrique du Sud. Depuis 60 ans, j’ai toujours lutté contre toute forme de racisme et si j’avais eu l’âge de cacher des Juifs pendant l’Occupation, je l’aurais fait sans hésiter, comme je l’ai fait pour les Algériens pendant la guerre d’Algérie. Je suis du côté de tous les opprimés ! Si Val me cherche des poux dans la tête, peut-être est-ce pour remercier le président de la République de lui avoir manifesté son soutien au cours du procès des caricatures de Mahomet ? Je sais qu’il me prépare un coup fourré… Il est en train de trier fébrilement tout le courrier ne gardant, pour les publier, que les lettres hostiles beaucoup moins nombreuses. Le pire est qu’il va publier aussi des lettres d’antisémites notoires, genre Dieudonné et consorts, me félicitant… D’avance je dénonce cette entourloupe qui ne convaincra, je l’espère, que les convaincus. Les autres ne seront pas dupes de ce stratagème déloyal. Je suis très déçu de l’attitude de la plupart des collaborateurs du journal qui n’ont pas su saisir la balle au bond quand leur « patron » a menacé de démissionner s’ils ne me désavouaient pas tous, tant pis mais LA LUTTE CONTINUE !
"

martedì 13 gennaio 2015

Denis Robert contre Clearstream (1) : « Ce ne sera jamais fini » - Acrimed | Action Critique Médias

Fonte: http://www.acrimed.org/article3734.html

Denis Robert contre Clearstream (1) : « Ce ne sera jamais fini »

le 19 décembre 2011
Le jeudi 3 février 2011, Denis Robert a été blanchi par la Cour de cassation de sa condamnation pour deux de ses livres (Révélation$ et La Boîte noire) et un documentaire (Les Dissimulateurs), diffusé sur Canal +. Une victoire, gagnée contre Clearstream, mais aussi contre ceux qui avaient tenté de discréditer son travail.
Nous publions ici quelques extraits de l’entretien qu’il nous avait accordé pour le n°1 deMédiacritique(s) – le magazine trimestriel d’Acrimed.
Le 29 novembre dernier, la cour d’appel de Lyon a accordé à Denis Robert 56 500 euros pour les frais de procédure, mais rejeté sa demande de 3,6 millions d’euros de dommages et intérêts qu’il réclamait à Clearstream. Pour justifier cette demande, son avocate - Me Bénédicte Litzler, avait soutenu que le journaliste avait « subi incontestablement des préjudices personnels, professionnels, moraux et financiers considérables ». La cour en a décidé autrement On ne commente pas une décision de justice, dit-on. Mais on n’en pense pas moins [1]

Faut-il considérer pour autant que tout est bien qui s’achève ainsi ? Nous avions reçu Denis Robert le 16 juin 2011 pour un « Jeudi d’Acrimed » consacré au journalisme d’investigation. Et il nous a accordé un entretien pour le numéro 1 de Médiacritque(s), paru en octobre 2011. Voici les quelques extraits annoncés.
« Ce ne sera jamais fini et le problème est effectivement politique »
Vous avez remporté contre Clearstream une victoire juridique et morale de première importance. Mais les activités de cette vénérable institution sont toujours aussi peu mises en cause politiquement. C’est fini ?
Ce ne sera jamais fini et le problème est effectivement politique. Il l’est depuis le début. Je savais en écrivant sur cette société qu’elle était protégée par le cordon de sécurité luxembourgeois. C’était un exploit de provoquer une ouverture d’information judiciaire au Luxembourg. Mais après sans prise de conscience européenne et en particulier française, c’était impossible de faire avancer ce dossier d’un point de vue judiciaire.
Il y a pourtant eu une mission d’enquête parlementaire suite à votre premier livre sur Clearstream ?
Mission d’information plus exactement. Elle n’avait aucun pouvoir coercitif. Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, les deux députés qui en étaient à l’origine, ont fait ce qu’ils ont pu. Quand ils ont convoqué André Lussi, le PDG de Clearstream, ce dernier leur a fait un bras d’honneur et les choses en sont restées là. C’est pour vous donner un exemple… Quand la droite est passée, la mission est morte et toutes les promesses de lutte contre le crime financier avec elle. Le système financier est increvable et Clearstream en est un élément clé. C’est un centre névralgique du « back office » interbancaire. […] Il faudrait une enquête parlementaire européenne. Ce serait à mes yeux la meilleure solution.
Mais comment l’obtenir cette enquête ?
En créant un rapport de force. Depuis la décision de la Cour de cassation, j’ai été approché par tous les partis politiques en France, hormis l’UMP. Je ne sais pas pourquoi. Des militants politiques suisses, belges, italiens, anglais, allemands m’ont aussi contacté. Je suis invité par des associations ou des parlementaires en Belgique, en Allemagne, aux USA. Je crois qu’une structure comme Finance Watch montée par le député vert Pascal Canfin peut coordonner tout cela. C’est aussi aux journalistes de faire le job.
Vous y croyez ?
La vérité s’infiltre partout. Ils ont tout essayé pour la nier, me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus. La décision de la Cour de cassation redistribue les cartes. Des articles vont sortir ici et à l’étranger. Des films sont en préparation. Je n’en suis pas à l’origine. J’ai fait ma part de travail. Cette liberté, je l’ai obtenue en résistant aux pressions.
[…]
Philippe Val et Elisabeth Lévy (spécialistes, comme on le sait, des grandes enquêtes !), mais aussi Edwy Plenel (qui se présente comme un héros du journalisme d’investigation) ont condamné votre travail, sans vérification ni contre-enquête. Quelles sont les leçons que vous en tirez, y compris au delà de leurs cas particuliers ?
J’ai eu à subir trois types de dénigrements. D’abord la petite confrérie des journalistes d’investigation. A la limite, c’est de bonne guerre quand on connaît les usages dans ce milieu. Ces gens-là privilégient souvent leur égo qui est grand et leur média au détriment de l’information. Comme je pratique assez peu le copinage et que je n’ai aucun journal derrière moi, j’ai été une cible facile pour eux. S’ils se relisent beaucoup, ils doivent avoir un peu honte aujourd’hui. Pour ce qui est de Plenel et du Monde, c’est un peu la même chose avec une grande constance dans le dénigrement qui est allée jusqu’à ma mise en cause devant les juges d’Huy et Pons qui instruisaient l’affaire des listings truqués. Cela tient à de vieilles rancœurs qui doivent remonter à l’époque où j’étais àLibé. Je n’éprouve ni haine, ni ressentiment à l’égard de ces gens qui pour la plupart ont reconnu leur erreur. Pour ce qui est de Val, Leconte, Lévy ou quelques autres, on est davantage dans une orchestration, une volonté de nuire. Aucun n’a jamais ouvert un de mes livres et ils recrachent presque mot pour mot les raisonnements complètement viciés de l’avocat de Clearstream [2], en allant beaucoup plus loin dans le cas de Val.
Il a comparé votre travail au Protocole des Sages de Sion…
Oui c’est délirant. Richard Malka, l’avocat de Clearstream et Philippe Val sont les meilleurs amis du monde. Malka a un vrai problème avec moi qui vire à la pathologie. Interrogez des avocats, des journalistes qui le connaissent vous verrez. Il est plein de ressentiment, encore plus depuis qu’il a définitivement et lamentablement perdu. Il a expliqué qu’il ne défendait plus Clearstream depuis sa défaite mais les mémoires de Clearstream qui tombent encore aujourd’hui portent sa patte.
Pourquoi, il y en a encore ?
Il reste une audience très importante à la Cour d’appel de Lyon qui doit fixer le montant de mon préjudice. Les avocats de Clearstream et le service de communication de la firme continuent à appeler ce rendez-vous judiciaire « un procès ». Et ils cherchent à refaire le mien. C’est trop tard, la Cour de cassation a sifflé la fin de la partie, mais ils s’acharnent en reprenant presque mot à mot les calomnies et les amalgames mensongers de leurs précédentes assignations. Le vrai problème de Malka depuis dix années c’est que je mets en cause son biseness d’avocat. Certains journalistes ne veulent plus se faire représenter par lui en raison de cette histoire. Comment leur donner tort ?
On ne comprend pas très bien pourquoi ces dérives d’un avocat qui est quand même connu pour sa défense de Charlie Hebdo ?
Malka a bien sûr le droit de défendre qui il veut, mais il a toujours défendu la liberté d’expression et de nombreux journalistes. Il a construit sa notoriété là-dessus. C’était compliqué de continuer à m’attaquer sur ce même terrain sans être en contradiction. Il fallait qu’il me dénigre, falsifie mon passé, me fasse dire n’importe quoi. Je suis devenu le diable dans sa bouche. Et il a répété ça partout, dans les dîners, sur les ondes, dans les prétoires. Il a tout fait pour que je devienne un falsificateur, un conspirationniste, un menteur qui devait être sanctionné. Ses amis journalistes ont repris ses attaques. C’est beaucoup plus difficile qu’on le croit de résister contre ces poltrons qui chassent en meute. Je pensais que ça s’arrêterait avec la décision de la cour de cassation. Mais rien n’a changé dans leurs écrits. Je crois que Clearstream se vit au-dessus des lois. Ils font de la com et du dénigrement. Encore et toujours.
Le journalisme d’investigation (c’est-à-dire en vérité ce que devrait être le journalisme tout court) recouvre des pratiques disparates et, parfois, contradictoires. Quel tri pourrait-on opérer ? A vos yeux, c’est quoi ?
L’habitude langagière qui consiste à accoler journalisme à investigation vieillit mal. Quand je commençais mes enquêtes en 87, 88, on ne me disait pas « journaliste d’investigation ». J’étais un journaliste parmi d’autres, plus fouineur peut être mais ça m’allait. On disait « affaires de fausses factures ». On disait « corruption ». Souvenez vous. On a l’impression que c’est la préhistoire. Pourtant ce n’est pas si vieux… Je ne sais pas qui a inventé ce terme. Mais il correspondait à une tendance à l’enfermement, au cloisonnement. Il fallait parquer les journalistes travaillant sur les affaires pour mieux les banaliser et les combattre. Jusqu’au milieu des années 90, les journalistes qui enquêtaient sur les liens entre hommes d’argent et hommes politiques étaient un réel sujet d’embarras pour les gens de pouvoir. Petit à petit, les politiques et évidemment ceux qui sponsorisaient ces politiques ont repris ce pouvoir-là en mettant des hommes à eux aux postes clés. Pas forcément, les plus apparents. A la chancellerie où tout se gère, à l’AFP, dans certains journaux et tribunaux Il y a eu quelques années de flottement et puis les affaires se sont tassées, des juges ont démissionné. La galerie financière n’a jamais vraiment bien fonctionné. Par contre, on a institutionnalisé dans les journaux les cellules investigation. C’est à mes yeux là qu’elles sont devenues les moins opérantes. Certains ont continué à bosser, à sortir des affaires. Mais tout s’est peu à peu noyé dans le flux. Internet, en un sens, n’a pas aidé. Et puis cette engeance –les journalistes d’investigations- en gagnant des galons et des temps de passage sur les plateaux de télé a joué perso, privilégiant leur personne ou leur média au détriment de l’information. Il y a un autre souci… L’origine même de ces affaires qui sortent. Elles sont à 99% judiciaires. Du fait des lois sur la diffamation et de l’utilisation qui en est faite, il est très risqué de sortir une information originale, non « judiciairisée ». Ceux qu’on appelle les journalistes d’investigation sont dans leur grande majorité devenus des auxiliaires de justice. Ce qui m’importe c’est de trouver dans le bruit et la confusion des médias, une information nouvelle, sourcée, originale. On en trouve plus aujourd’hui sur le net que dans les journaux dit sérieux.
[…]
On assiste à des tentatives de relance du journalisme d’investigation sur Internet ? Un avis sur Médiapart ? Le Monde qui débauche des journalistes de Mediapart pour muscler une "cellule investigation". Une réaction ?
Rue 89 et surtout Owni font des efforts. Financièrement, je sais que ce n’est pas évident, on est dans une période charnière en matière d’économie de la presse en ligne. De nouveaux titres arrivent. Des couplages papier-net sont à inventer. Les patrons de journaux manquent cruellement d’imagination. Mediapart c’est pas mal. J’ai failli m’abonner mais bon, filer des ronds à Plenel ça me fait quand même un peu mal au bide. Ça me passera aussi.

Et pour comprendre pourquoi Denis Robert hésite encore, lire : "Denis Robert contre Claerstream (2) : Les trous de mémoire d’Edwy Plenel (mémento)".
Entretien paru dans le n°1 de Médiacritique(s)

Notes

[1] Dans un entretien accordé au NouvelObs.com, le 29 novembre 2011, Denis Robert déclarait « Aujourd’hui, l’affaire Clearstream 1 - celle de mon enquête et des attaques incessantes de Clearstream- est close. Définitivement. Dans l’histoire de la presse, les journalistes ne reçoivent classiquement pas de dommages et intérêts. Je m’en sortirai sans. » …].
[2] L’avocat de Clearstream est Richard Malka… par ailleurs avocat deCharlie Hebdo, journal dirigé alors par Philippe Val.Robert contre Clearstream (1) : « Ce ne sera jamais fini » - Acrimed | Action Critique Médias