martedì 14 maggio 2024

14 pays africains contraints par la France à payer le seigneuriage

« La politique coloniale, c'est la politique économique de la France! » 
JULES FERRY

28 février 2014

Photo : Foccart & Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique
Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !
Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.
Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée.

sabato 11 aprile 2015

Clearstream 1, le Clearing pour les nuls

Clearstream 1, le Clearing pour les nuls : l'affaire des affaires ?

En ce moment je lis la bande dessinée L'affaire des affaires (version intégrale) de Laurent Astier et Denis Robert. Elle est à l'origine du film L'enquête, les deux oeuvres concernent les affaires Clearstream.
Sur un plan informatique, l'affaire Clearstream 1 (pas celle avec Villepin & co, l'autre) est plutôt intéressante. De quoi s'agit-il en fait ?
Pour le comprendre il faut parler un peu de transactions. Un petit point de culture générale pour contextualiser l'histoire va nous changer les idées. Oubliez les ordinateurs, c'est beaucoup plus terre-à-terre que ça.

Liquider les transactions au XIXème siècle
Vous l'avez sans doute constaté, le genre humain est plutôt chauvain. Nous, français, tendons à considérer Blaise Pascale comme le grand-père de l'informatique. Nos amis anglos-saxons se focalisent un peu plus sur un autre personnage : Charles Babbage.
Il y a quelques années il m'est arrivé de lire Victorian Data Processing, un article de Martin Campbell-Kelly paru dans le très sérieux périodique Communications of  the ACM.
Dans cet article, l'auteur fait état d'une description par Charles Babbage de la liquidation des transactions entre banques. Cette description serait disponible dans l'un des ouvrages de l'inventeur (personnellement je ne l'y ai pas trouvée mais j'ai un un peu la flemme de lire tout le bouquin - chacun son boulot, je suis pas prof d'université).
Dès la fin du XVIIIème siècle à Londres tous les banquiers se retrouvaient périodiquement à un endroit précis (et discret) appelé Clearing House. Ils y liquidaient tous les chèques qu'ils s'étaient échangés et réglaient ainsi leurs comptes. Cette manière de procéder avait l'avantage de limiter le nombre de transactions effectives ansi que le total des devises échangées.
Cette opération porte encore aujourd'hui un même nom anglais : le Clearing. Vous avez ainsi compris de quoi il est question avec Clearstream.

giovedì 26 febbraio 2015

Les banques centrales et l’esclavage humain

Les banques centrales et l’esclavage humain:
Les travaux de Stephen Mitford Goodson

historyofcentralbanking4,847 words
http://www.counter-currents.com/2014/11/les-banques-centrales-et-lesclavage-humain/
English original here

Stephen Mitford Goodson
A History of Central Banking and the Enslavement of Mankind
London: Black House Publishing, 2014

Stephen Mitford Goodson
Inside the South African Reserve Bank: Its Origins and Secrets Exposed
London: Black House Publishing, 2014

Ce travail était originellement destiné à former un seul livre, mais Black House Publishing en a tiré deux volumes qui, bien qu’étant compagnons, sont complets en eux-mêmes.
Le lecteur perspicace sera immédiatement conscient de deux traits prometteurs de ces livres : le deuxième prénom de l’auteur est Mitford, indiquant la probabilité d’une tendance à la rébellion [1]. Ensuite, le fait que l’auteur ait dédié A History of Central Banking à Knut Hamsun, « un rayon de lumière et d’espoir de l’ordre du monde naturel », le grand romancier norvégien étant un homme d’honneur qui refusa de s’incliner devant la vengeance talmudique contre les vaincus de la Seconde Guerre mondiale. Le trait prometteur suivant est une citation d’Ezra Pound (une figure apparentée à Knut Hamsun pour avoir combattu les mêmes forces maléfiques, défendu les mêmes idéaux héroïques, et subi de grandes persécutions durant l’après-guerre) qui donne le ton du livre : « Et vous ne comprendrez jamais l’histoire américaine ou l’histoire de l’Occident durant les 2000 dernières années si vous ne regardez pas un ou deux problèmes ; c’est-à-dire les youpins [sheenies] et l’usure. L’un ou l’autre, ou les deux. Je dirais les deux » [2].
Un autre trait intéressant qui frappe immédiatement le lecteur est que la longue préface a été écrite par le prince Mangosuthu Buthelezi, Membre du Parlement et longtemps dirigeant du Parti de la Liberté de l’Inkatha [Inkatha Freedom Party]. Si le prince Buthelezi commence par dire qu’il « n’approuve pas les points de vue » exprimés dans le livre, il remarque aussi que le livre est « sujet à controverses » et « provoquera de fortes réactions ». Les remarques prudentes de Buthelezi sont probablement nécessaires parce que Goodson, comme ses parents Mitford, s’obstine à documenter certaines hérésies relevant de l’influence des Juifs dans la politique et la finance, et les réalisations des Etats de l’Axe pour renverser la shylockcratie.
Bien que commençant par cette déclaration, Buthelezi entreprend néanmoins de soutenir les vues de Goodson, qui dit que les banques centrales et l’usure sont les principales causes des « différences profondes et inhumaines » à l’intérieur des nations dans le monde entier. Buthelezi se déclare ennemi de ce système : « Pour cette raison, pendant plusieurs années, mon parti et moi avons dit que l’Afrique du Sud devait réformer sa banque centrale et son système monétaire, même si cela signifie placer notre pays hors de portée des standards mondiaux iniques ». Puisque ce n’est pas le cas, on soupçonne que Buthelezi comprend aussi que la résistance des Etats de l’Axe à ce système précisément a pu être la véritable cause de leur placement « hors de portée des standards mondiaux iniques », ce que Goodson explique plus loin. Le prince écrit : « Cet ouvrage fournit non seulement une large vision de l’histoire de l’économie pendant près de trois millénaires, mais aussi des aperçus sur la manière dont les problèmes de l’usure ont embrouillé et asservi l’humanité depuis les débuts de l’existence civilisée ».
Stephen Mitford Goodson
Stephen Mitford Goodson
Le livre de Goodson est unique en son genre à plusieurs égards majeurs : il retrace l’histoire de l’usure sur des milliers d’années ; une chose qui n’a généralement pas été tentée depuis l’un des livres favoris d’Ezra Pound, le livre de Brook Adam, Les lois de la civilisation et du déclin, publié il y a plus d’un siècle [3]. Goodson fournit aussi une histoire des usuriers et de ceux qui s’opposèrent à l’usure, plus des détails techniques sur le système financier et sur la manière dont il peut être stabilisé.
Goodson remonte jusqu’à la Rome antique pour rechercher les premiers exemples des  systèmes financiers qui ont une influence sur le monde d’aujourd’hui. Il cite Aristote dans sa Politique, concernant ce que certains appelleraient l’attitude traditionaliste [4] envers ces choses, mais qui sont aujourd’hui appelées « hommes d’affaires respectables » et « bonne pratique commerciale » : « Nous haïrons les hommes appelés banquiers, car ils s’enrichissent sans rien faire ». Aristote résume ainsi toute l’argumentation contre le système bancaire orthodoxe. Goodson expose les systèmes utilisés à Rome, tels que l’usage des pièces de bronze qui étaient émises par l’Etat romain pour les transactions commerciales sans usure, un exemple précoce de monnaie fiduciaire ; à ne pas confondre avec le système actuel consistant à émettre de la monnaie fiduciaire par des banques privées, qui reçoivent leur tranche d’usure, permettant la condamnation de cette « monnaie fiduciaire » pervertie lorsqu’elle ne fonctionne pas [5]. Goodson utilise des statistiques pour montrer que c’était une ère de grande richesse et de grand progrès, à une époque où les dirigeants romains vivaient dans l’austérité et l’honneur de ce que c’était vraiment d’être « romain ».
Le système tomba en ruines quand Rome remplaça ces lingots de bronze par de l’argent, et tout le caractère de Rome fut dégradé. En d’autres mots, la pourriture morale suivit un changement de système bancaire. Les usuriers, incluant de nombreux Juifs qui s’étaient entassés à Rome durant son époque de décadence, firent des prêts avec des taux d’intérêts élevés, et la misère devint générale. Comme cela a souvent été le cas dans l’histoire, jusqu’à notre ère moderne, une figure héroïque surgirait pour remettre les choses à l’endroit, et cela prit la forme de Jules César, qui avait une pleine connaissance de la situation. Il émit des pièces de métal bon marché, et l’intérêt fut sévèrement réglementé. Goodson donne la liste des mesures prises par César dans le domaine socioéconomique, qui sont incroyables ; et qui ne devaient peut-être pas être répétées à une telle échelle avant Mussolini, Hitler, et Michael Joseph Savage [6]. Après la mort de César, Rome adopta l’étalon-or, et cela devait avoir des conséquences négatives majeures. C’est un important exemple du rôle que le « pouvoir de l’argent », comme nous pourrions l’appeler, a joué dans la corruption et l’effondrement des civilisations, des causes trop souvent négligées par la Droite qui attribue ce rôle à la race, en termes réductionnistes [7].
Goodson commence l’histoire monétaire de l’Angleterre par le roi Offa de Mercie, au VIIIe siècle de notre ère, où à nouveau des pièces de monnaie d’argent précieux furent utilisées, et l’interdiction païenne de l’usure fut réintroduite. Sous le roi Alfred les biens des usuriers furent saisis, et sous Edouard le Confesseur les usuriers furent déclarés hors-la-loi. La pourriture s’installa quand les Juifs arrivèrent avec la défaite d’Harold II contre Guillaume le Conquérant en 1066, et ces Juifs se virent attribuer des positions privilégiées d’usuriers par Guillaume. L’Angleterre fut ravagée par la dette, qui n’épargna personne, ni les nobles ni les manants. En 1215 la Grande Charte [Magna Carta] fut imposée au roi Jean par ses nobles, la principale raison étant de remédier à l’usure.
Durant le Moyen Age l’usure fut à nouveau abolie, et des « gros bâtons » furent utilisés. Cela fut gardé en usage pendant 700 ans, à un degré ou à un autre. Goodson expose le système assez en détail, et en dépit de ce qu’on nous dit sur le Moyen Age, la populace vivait bien, une chose qui a été bien détaillée par William Cobbett, en comparant les conditions des travailleurs des temps médiévaux avec celles de la Révolution Industrielle [8]. Comme à Rome, l’histoire se répéta, avec une série de hausses et de baisses pour les usuriers au cours des siècles, et bien sûr, comme nous le savons maintenant, leur triomphe final, dans ce cas inauguré par la victoire de Cromwell et de la Révolution Puritaine, rapidement suivies par la création de la Banque d’Angleterre, un consortium à propriétaires privés basé sur le modèle hollandais [9]. Goodson mentionne que quand la proposition de loi qui incluait la création de la Banque d’Angleterre fut votée, seuls 42 membres de la Chambre étaient présents, et tous étaient des Whigs ; les Tories étaient opposés à la proposition de loi. C’est une indication supplémentaire de ma supposition que la « vraie Droite » est intrinsèquement anticapitaliste, alors que la Gauche, comme Spengler le remarqua, agit toujours dans les intérêts du « parti de l’argent » [10]. Dorénavant un modèle émergea, écrit Goodson,
« [consistant à] attaquer et à imposer le système d’usure des banquiers [qui] a été déployé largement dans l’ère moderne et inclut les défaites de la Russie Impériale dans la Première Guerre mondiale, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon dans la Seconde Guerre mondiale et plus récemment de la Lybie en 2011. C’étaient tous des pays qui avaient des systèmes bancaires d’Etat, qui distribuaient la richesse de leurs nations respectives sur une base équitable et fournissaient à leurs populations un niveau de vie bien supérieur à celui de leurs rivaux et contemporains. »
Goodson remarque que bien que le gouvernement travailliste nationalisa la Banque d’Angleterre en 1946 (c.-à.-d. une décennie après que le gouvernement travailliste en  Nouvelle-Zélande ait nationalisé la Banque de Réserve de ce pays en 1935, banque qui avait originellement créée sur le conseil pressant du conseiller itinérant de la Banque d’Angleterre, Sir Otto Niemeyer), ce fut un simple camouflage puisque la Banque d’Angleterre, comme d’autres banques de réserve « nationalisées », incluant celle de la Nouvelle-Zélande, demeure à l’intérieur du système d’usure mondial, et elles servent simplement de canaux pour emprunter aux banques internationales privées. On pourrait ajouter que quand le gouvernement travailliste de Nouvelle-Zélande nationalisa la Banque de Réserve, bien que sous une pression publique considérable pour qu’il accomplisse ses promesses électorales sur le système bancaire d’Etat, conduite par des parlementaires travaillistes dissidents et un vétéran de guerre nommé John A. Lee, son seul grand acte durable fut d’émettre 1% de crédit d’Etat pour l’iconique projet de logement d’Etat. Celui-ci fournit non seulement des maisons durables sur des sections d’un quart d’acre à faible coût, mais résolut aussi, par ce projet de travaux publics, 70% du chômage du pays durant le milieu de la dépression mondiale [11].
Citant l’historien de Harvard Carroll Quigley, Goodson montre que ces banques centrales font partie d’un immense système interconnecté de finance internationale, qui n’a fait que se développer depuis lors.
D’autres révoltes contre le système bancaire ont inclus les colonies américaines qui financèrent leur guerre contre la Grande-Bretagne par leur propre argent d’Etat, comme le firent l’Union aussi bien que les Etats confédérés pendant la Guerre Civile. Une série de hausses et de baisses s’ensuivit à nouveau quand les usuriers et leurs adversaires rivalisèrent pour la mise en œuvre de leurs plans respectifs de système bancaire, jusqu’à ce que le conflit soit résolu en 1913 par la création de la Réserve Fédérale, qui fut à nouveau présenté comme la création d’une banque d’Etat qui mettrait de l’« ordre » dans la finance, après trois ans de préparation des banquiers internationaux et de leurs soutiens dans la politique.
La Russie est un autre exemple d’un Etat qui avait un système bancaire indépendant, et c’est un exemple d’un intérêt particulier dans la mesure où – comme les Etats de l’Axe plus tard – le Tsar fut dénoncé comme un tyran qui aurait été renversé par une révolution populaire : un jeu planifié qui s’est déroulé à nouveau à notre époque durant les dernières décennies, via les dénommées « révolutions colorées » et le « printemps arabe », sur l’ordre des mêmes types de gens qui instiguèrent la révolution « russe » en 1917, et avant celle-ci, et pour la même raison, la révolution cromwellienne et la révolution française (j’ajouterais aussi la « révolution d’en- haut » menée par Henry VIII, qui impliqua surtout un autre Cromwell brutal).
Goodson dit qu’après la défaite de Napoléon, Nathan Mayer Rothschild fit activement campagne pour un système bancaire qui assurerait le contrôle de l’Europe. Le tsar Alexandre I rejeta tous ces plans et créa au contraire une nouvelle Sainte Alliance entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, qui devaient être poussées dans un conflit cataclysmique quelques générations plus tard. Ce qui fut créé en 1860 était une banque russe d’Etat qui servit bien le peuple pendant des décennies, avec des prêts bon marché, incluant des prêts de terres à faible taux d’intérêt pour les fermiers, et au tournant du siècle la plus grande partie des terres était possédée par les gens qui les travaillaient. Les impôts et la dette étaient les plus faibles en Europe, et la législation sociale et celle du travail étaient parmi les meilleures.
Goodson signale que les bolcheviks amenèrent la destruction de cet heureux Etat. Les détails de cela et le bon accueil que la finance internationale fit à la révolution de mars 1917, ainsi que le soutien des banquiers aux bolcheviks sont documentés dans les livres de l’auteur de cette recension, Revolution from Above [Révolution d’en haut] [12] et The Banking Swindle [L’arnaque du système bancaire]. J’ajouterai ici qu’une grande partie des représentations négatives des tsars, qui continue encore aujourd’hui, fut le résultat de la propagande solitaire agressive du journaliste américain George Kennan contre la Russie, Kennan étant subventionné par Jacob Schiff de la banque Kuhn, Loeb & Co., qui fournit aussi les moyens nécessaires pour que Kennan puisse endoctriner – d’après Kennan lui-même – 52.000 prisonniers de guerre russes après la guerre russo-japonaise de 1904-1905, qui revinrent en Russie pour fournir un encadrement révolutionnaire qui renversa finalement le tsar [13].
Inside the South African Reserve Bank: Its Origins and Secrets Exposed, [A l’intérieur de la Banque de Réserve sud-africaine : ses origines et ses secrets révélés] est le récit par Goodson de la manière dont il fut obligé de démissionner prématurément avant la fin de son mandat – bien que le temps restant fût très court – de directeur de la Banque de Réserve sud-africaine. Goodson a une connaissance intime des opérations de la finance de la dette et des banques de réserve, et il est aussi le dirigeant du Parti pour l’Abolition de l’Impôt sur le Revenu et de l’Usure [Abolition of Income Tax and Usury Party] [14], et a longtemps été un consultant économique. C’est ce livre qui a apparemment été la cause des menaces d’actions légales de la part de l’Etat sud-africain, qui a un grand intérêt à faire taire Goodson concernant sa connaissance de première main de la corruption dans le secteur financier.
Goodson montre que l’Afrique du Sud fut le premier Etat après la Première Guerre mondiale à succomber aux machinations pour la création d’une banque centrale. Il en attribue la responsabilité au général Smuts, ministre des Finances en dépit de son manque d’expérience  dans la finance [15]. Comme le sénateur Aldrich, dont le dénommé « Plan Aldrich » fut mis en œuvre en 1913 pour créer la Banque de Réserve US en 1914, Aldrich étant simplement la voix au Sénat de Schiff, des Warburg, des Rockefeller, de J. P. Morgan, et des autres, le plan Smuts pour une banque de réserve fut initié et conçu par son ami, le banquier Sir Henry Strakosch, dont le plan suivit celui de la Banque de Réserve Fédérale US. La commission qui fut constituée à partir de tous les partis parlementaires critiqua fortement le plan et exprima ses inquiétudes quant à la raison pour laquelle ce plan (tout comme le « Plan Aldrich ») était en voie d’être mis en œuvre à la hâte, sans réel débat préalable. Le colonel Creswell du Parti Travailliste sud-africain proposa une banque d’Etat. L’opposition parlementaire au plan Strakosch et l’appel à une banque d’Etat par le Parti Travailliste sont d’un intérêt particuliers, et Goodson donne des détails des discours au Parlement [16]. En 1920 le Parlement vota en faveur du plan Strakosch, alors que les 19 représentants du Parti Travailliste et trois parlementaires nationalistes votèrent contre. Le général Hertzog du Parti National aurait souhaité que la question soit pleinement étudiée pendant deux ans, mais fut écarté. Strakosch eut aussi un rôle instrumental dans l’établissement de la Banque de Réserve de l’Inde en 1935. Son rôle semble similaire à celui de Sir Otto Niemeyer de la Banque d’Angleterre qui à cette époque était actif au Commonwealth britannique pour que celui-ci encourage la création de banques centrales avec des actionnaires privés.
De plus, Strakosch paya les dettes de Winston Churchill et à partir de ce moment l’histoire du monde allait prendre un cours tragique : une guerre mondiale au service de la finance internationale qui détruirait l’empire britannique et tous les autres empires européens, pour les remplacer par un empire de l’argent, pendant que Roosevelt posait ses conditions d’après-guerre à l’infortuné Churchill pour le démantèlement de l’empire britannique [17].
Goodson expose les origines de la Grande Dépression comme un exemple de manipulation du crédit, et fait le portrait de ceux qui cherchèrent une alternative : C. H. Douglas du crédit social, le professeur Irving Fisher, et Gottfried Feder, principal militant pour la réforme bancaire en Allemagne [18]. Les réformes innovantes entreprises par les nazis furent minées par Hjalmar Schacht, président de la Reichsbank, un intime de la fraternité bancaire internationale qui devait se voir épargner le sort d’autres hauts représentants de l’Etat à Nuremberg grâce à ses relations, en particulier son amitié avec Norman Montague, gouverneur de la Banque d’Angleterre.
En 1939 Schacht émit un ultimatum destiné à Hitler, pour faire revenir l’économie de l’Allemagne à l’ancien système, et fut congédié. Alors que le régime de Hitler a été critiqué pour avoir marginalisé des idéalistes comme Feder et même accusé de servir la finance internationale et de ne pas pleinement mettre en œuvre son programme « socialiste », en réalité beaucoup de choses furent entreprises, et Goodson mentionne que le « Plan Schacht » fut finalement et décisivement remplacé par le « Plan Feder » en 1939. Goodson soutient que la guerre fut imposée à Hitler pour la même raison qu’elle fut imposée à Napoléon, la Pologne étant dans le premier cas le coup de patte des banquiers. Dans l’un des nombreux exemples où Goodson place le système bancaire dans le contexte historique plus large, il raconte ce qui serait aujourd’hui nommé « nettoyage ethnique » et qui fut entrepris par les autorités polonaises contre les Allemands ethniques en Pologne. Goodson chiffre les victimes ethniques allemandes en Pologne à 58.000, culminant avec le massacre de Bromberg en septembre 1939, durant lequel 5.500 Allemands ethniques furent tués. Le plan de paix de Hitler fut sommairement rejeté par le gouvernement polonais du fait de l’interférence de la Grande-Bretagne garantissant la sécurité de la Pologne.
Goodson fait l’exposé des nombreuses réalisations socioéconomiques du régime de Hitler, telles que les prêts à intérêt très faible pour le logement et le système de troc qui vit l’Allemagne s’emparer des marchés de l’Europe à l’Amérique du Sud, la sape du système de la finance internationale dans le monde, l’accroissement du revenu, les grands travaux publics, alors que, contrairement à des affirmations persistantes, les dépenses d’armements étaient relativement faibles.
Si l’Allemagne s’épanouit au milieu d’une dépression mondiale, l’Italie fasciste s’était déjà lancée dans une voie similaire depuis une décennie, avec des travaux publics géants, et avait graduellement adopté le système bancaire étatique. Le Japon, ce que les lecteurs pourraient être surpris d’apprendre, avait été fortement séduit depuis les années 1920 par la théorie du crédit social de C. H. Douglas, avait suivi de telles politiques à partir de 1932, et avait terminé ses réformes en 1942, en se basant sur la législation bancaire allemande. Ceci permit au Japon de devenir une grande puissance économique, et en 1940 il annonça la Sphère de Coprospérité de la Grande Asie, qui menaçait le système économique mondial en créant un bloc commercial autarcique. Le prétexte pour l’action contre le Japon, dit Goodson, commença avec son occupation pacifique de l’Indochine française avec la permission de la France, pour couper les voies d’approvisionnement de la Chine. Des sanctions économiques de l’Angleterre, de la Hollande et des USA s’ensuivirent. Les tentatives répétées de négociations et de compromis de la part du Japon furent constamment repoussées par les USA, culminant avec un ultimatum des USA exigeant le retrait du Japon de la Chine, suivi d’un blocus économique. Avec l’occupation US du Japon, le système bancaire et la structure commerciale furent démolis sous les auspices d’un banquier américain.
Vers la fin de la guerre, cependant, l’Afrique du Sud tentait d’adopter un système bancaire similaire à celui des Etats de l’Axe, et à certains Etats du Commonwealth, à savoir la Nouvelle-Zélande et l’Australie, et une proposition de loi fut introduite par Hofmeyr, ministre des Finances, mais tout comme dans ces derniers pays, cette banque centrale ne parvint pas à se lancer dans la voie de la création de crédit d’Etat. C’est le Parti Travailliste sud-africain qui demanda constamment une banque d’Etat qui émettrait du crédit d’Etat. De fait, les citations données par Goodson à partir des discours des parlementaires travaillistes sur la création de crédit sont, comme celles du courageux parlementaire travailliste néo-zélandais John A. Lee, très instructives.
Goodson entreprend ensuite une explication du système bancaire de la Nouvelle-Zélande de  l’époque, l’explication qui était donnée par les partisans sud-africains du crédit social. Cependant, je dois ajouter que la croyance du Parti Travailliste sud-africain selon laquelle le ministre des Finances de Nouvelle-Zélande, Walter Nash, aurait été « l’un des plus ardents partisans du système bancaire d’Etat », est une erreur. Nash était l’un des adversaires les plus acharnés de John A. Lee concernant les efforts de ce dernier pour que le Parti Travailliste tienne ses promesses électorales de 1934, ce qui entraîna finalement l’expulsion de Lee du parti [19].
Après avoir parlé du système bancaire australien, le sénateur travailliste sud-africain Smith entreprend de décrire en termes similaires le système bancaire national-socialiste, le voyant à juste titre comme analogue à celui de la Nouvelle-Zélande, bien que sur une échelle beaucoup plus grande. Smith, signalant qu’il n’était pas un supporter de Hitler, disait néanmoins qu’on pouvait apprendre des choses des autres, incluant Hitler. Cela est aujourd’hui suffisant pour détruire la réputation de quelqu’un, à une époque où l’érudition et l’objectivité sont considérées comme hérétiques en soi [20], et nous pouvons dire que Goodson lui-même en est un exemple actuel.
Goodson raconte ensuite sa propre saga de directeur du Comité Directeur de la Banque de Réserve sud-africaine. En 2002 il tenta de montrer que la banque était une entité privée, pas une institution d’Etat. En 2003, avec 71,1% des votes des actionnaires, Goodson fut élu  comme l’un des directeurs non-exécutifs. Le Comité ne cacha pas sa préoccupation après l’élection de Goodson, qui tenta d’instruire les membres du Comité sur la nature du système bancaire de réserve fractionnaire. L’année suivante une campagne secrète du gouverneur adjoint du Comité, Gill Marcus, une fidèle de l’ANC, pour renverser le Gouverneur, fut remarquée par Goodson, et Marcus dut démissionner sans cérémonie, pour ne revenir qu’en 2009 comme nouveau Gouverneur désigné par l’Etat. L’une de ses nouvelles mesures fut de limiter le mandat des directeurs non-exécutifs, et ceux-ci se virent demander de démissionner avant la fin de leur mandat. Au cours des tentatives de Goodson en 2011 pour remédier à la corruption et à l’incompétence de la Société de Billets de Banque sud-africaine et de l’Hôtel des Monnaies sud-africain, l’attitude de Marcus devint de plus en plus hostile envers lui. En février 2012 le Comité prit des mesures contre Goodson pour le réduire au silence, et il fut suspendu. En plus de ces mesures, Goodson fut calomnié par le Mail and Guardian le mois suivant [21]. Goodson avait fait quelques remarques hérétiques sur l’Allemagne dans une interview radio avec Deanna Spingola en 2011, qui furent utilisées comme un prétexte pour lancer une campagne contre lui. Goodson fournit une liste substantielle des raisons pour lesquelles il adopta une approche critique concernant l’Holocauste, puisque les calomnies contre Goodson se concentrent sur son scepticisme sur ce sujet. Goodson fut aussi accablé pour avoir fait l’éloge des politiques financières du régime hitlérien, et il cite des célébrités de l’époque qui avaient fait la même chose, citant David Lloyd George, Winston Churchill, H.R.H. le duc de Windsor, et l’économiste J. K. Galbraith.
Goodson fut convoqué à une réunion en mai 2012 pour décider de son statut, et un accord de compensation fut conclu pour mettre fin à ses fonctions seulement quelques mois avant la fin de son mandat. On attendait de lui qu’il demeure silencieux sur les mesures qui avaient été prises contre lui par la Banque, mais il considéra que l’exposition de la malfaisance financière était d’intérêt public et ne faisait pas partie d’une entente quelconque.
Goodson conclut par une longue discussion sur la manière dont les problèmes bancaires pourraient être résolus, citant un rapport complet qu’il avait soumis à Marcus Gill, qui n’y avait rien compris, et qui l’avait transmis à un économiste pour une recension, qui lui non plus ne connaissait rien au sujet, comme cela apparaît dans la discussion ultérieure qu’il eut avec Goodson. Nous en arrivons ensuite à la situation actuelle, et Goodson explique le présent fardeau de la dette mondiale, incluant une discussion longue et inattendue sur la manière négative dont les taux de natalité sont affectés. Cela inclut l’impact démographique sur les pays blancs, et sur le Japon et la Chine (dans l’exemple de la Chine, je dois dire qu’« il y a de l’espoir »). Il conclut par des exemples de système bancaire communautaire et étatique (Dakota du Nord, Guernesey, Lybie), terminant par des détails sur la façon dont le système bancaire de l’Afrique du Sud pourrait être réorganisé, avec des appendices d’ébauches de propositions de lois sur les mécanismes de la réforme bancaire.

Notes
  1. “The Private Life of Stephen Goodson,” Money Web, August 31, 2003, http://www.moneyweb.co.za/moneyweb-historical-news-news/the-private-life-of-stephen-goodson?sn=Daily%20news%20detail
Le récit semble équilibré et fournit un portrait intéressant.
  1. Pour Pound et Hamsun, voir : K. R. Bolton, Artists of the Right (San Francisco: Counter-Currents, 2012). Aussi : Stephen M. Goodson, “Knut Hamsun: The Soul of Norway,” Inconvenient History, Vol. 5, No. 2, http://inconvenienthistory.com/archive/2013/volume_5/number_2/knut_hamsun.php
  2. Brooks Adams, The Law of Civilization and Decay (London: Macmillan, 1896).
  3. Les « sociétés traditionnelles », qu’elles soient hindoues, musulmanes ou chrétiennes, etc., placent le commerce très bas dans la pyramide de la hiérarchie, alors que ce qu’un traditionaliste appellerait un cycle de déclin – tel que l’ère de l’« Occident » d’aujourd’hui – place le marchand au sommet d’une hiérarchie inversée. Voir : Julius Evola, Revolt Against the Modern World, trans. Guido Stucco (Rochester, Vermont: Inner Traditions International, 1995), et Oswald Spengler sur l’ascension de l’« argent » dans le cycle décadent d’une civilisation dans The Decline of the West (London: George Allen and Unwin, 1971), en particulier vol. II, chapitre XIII.
  4. Russell Norman, membre du Parlement, et dirigeant du Parti Vert de Nouvelle-Zélande [New Zealand Green Party], fut récemment rondement condamné et ridiculisé pour avoir suggéré l’usage de « monnaie fiduciaire », mais n’eut pas les connaissances ou la force d’âme pour défendre sa position et fut rapidement réduit au silence sur la seule suggestion sensée qui ait été faite en Nouvelle-Zélande depuis les années 1930, durant lesquelles le gouvernement travailliste émit avec succès du crédit d’Etat pour le logement.
  5. M. J. Savage, dirigeant iconique du premier gouvernement travailliste de Nouvelle-Zelande.
  6. Pour une vision alternative de Droite sur le rôle de l’argent dans l’effondrement des civilisations, voir : K. R. Bolton, “Oswald Spengler and Brooks Adams: The Economics of Cultural Decline,” in Troy Southgate, ed., Spengler: Thoughts and Perspectives, Vol. Ten (London: Black Front Press, 2012), 179–21.
  7. William Cobbett, History of the Protestant Reformation in England and Ireland, 1826.
  8. Pour l’influence des Juifs d’Amsterdam et des Puritains sur la Banque d’Angleterre, voir : K. R. Bolton, The Banking Swindle (London: Black House Publications, 2013), 21–22.
  9. Sur la dichotomie Gauche-Droite et comment elle a été mal comprise, voir : K. R. Bolton, “Reclaiming the ‘Right’: Origins of the Left Wing – Right Wing Dichotomy,” Ab Aeterno, Academy of Social & Political Research, Wellington, New Zealand, No. 16, July-September 2013.
  10. K. R. Bolton, The Banking Swindle, 96–100.
  11. K. R. Bolton, Revolution from Above (London: Arktos, 2011), 57–65.
  12. K. R. Bolton, The Banking Swindle, op., cit., 145–47.
  13. Parti pour l’abolition de l’impôt sur le revenu et de l’usure [Abolition of Income Tax and Usury Party] http://www.aitup.org.za/
  14. Peut-être analogue à un récent ministre des Finances du gouvernement travailliste, le Dr. Michael Cullen, dont la spécialité académique était l’histoire, et qui, à la question d’un membre de l’Institut du Crédit Social de Nouvelle-Zélande répondit que le crédit était créé à partir des comptes en banque des dépositaires.
  15. Goodson, Inside the Reserve Bank, 71-73.
  16. Voir : K. R. Bolton, “The Geopolitics of White Dispossession,” Richard B. Spencer editor, Radix (Washington Summit Publishers), Vol. 1, 2012, 105–30. Aussi : K. R. Bolton, Babel Inc. (London: Black House Publishing, 2013), “Decolonization as the Prelude to Globalization.”
  17. Voir : Gottfried Feder, Manifesto for the Breaking of the Financial Slavery of Interest (Surrey: Historical Review Press, 2013 [1919]) traduit [en anglais] par le Dr. Alexander Jacob. Aussi : G. Feder, The German State on a National and Socialist Foundation (Historical Review Press, 2013 [1932]), traduit [en anglais] par A. Jacob. Feder recevrait probablement plus d’attention aujourd’hui parmi les réformateurs bancaires s’il n’avait pas eu une influence sur l’économie nazie (tout comme le poète Ezra Pound, auteur d’une série de brochures incisives sur le système bancaire, s’il n’avait pas apporté son appui au fascisme).
  18. Erik Olssen, John A. Lee (Dunedin, New Zealand: Otago University Press, 1977), passim.
  19. K. R. Bolton, “Reductio ad Hitlerum as a Social Evil,” Inconvenient History, Vol. 15, No. 2, http://inconvenienthistory.com/archive/2013/volume_5/number_2/reductio_ad_hitlerum_as_a_social_evil.php
  20. Lisa Steyn, “Reserve Bank’s Holocaust Denier,” Mail and Guardian, April 13, 2012, http://mg.co.za/article/2012-04-13-reserve-banks-holocaust-denier