martedì 29 maggio 2012

Avoirs des banques françaises dans les places off-shore

Les paradis fiscaux abritent 532 milliards de dépots français
Samedi 28 Mars 2009 à 13:31 | Lu 24744 fois I 110 commentaire(s)
http://www.marianne2.fr/Les-paradis-fiscaux-abritent-532-milliards-de-depots-francais_a177521.html
EMMANUEL LÉVY

Exclusif : Emmanuel Lévy publie dans Marianne la carte des avoirs des banques françaises dans les places off-shore.


Source : Banque de France
Source : Banque de France

A quelques jours du G20 de Londres qui mettra les paradis fiscaux sous le feu des projecteurs, ces places financières dites « off-shore » sortent, bien mal- gré elles, de la douce situation de discrétion dont elles tirent depuis des années prospérité et richesse. Il faut dire que les 7 500 milliards de dollars qu’elles abritent – selon les chiffres du FMI – intéressent les gouvernements, qui voient là une cagnotte opportune pour financer leurs plans de relance et, notamment, ceux à destination du secteur bancaire.
La revue Alternatives économiques  avait montré que toutes les entreprises françaises du CAC 40, surtout les banques, étaient fortement présentes dans les paradis fiscaux, avec quelque 1 500 filiales. Marianne révèle aujourd’hui à la fois le montant des avoirs français dans ces pays et leur localisation. Ensemble, les banques françaises disposaient au 30 juin 2008 de plus de 532 milliards de dollars (environ 370 milliards d’euros) dans ces paradis, soit 12,5 % du total des créances détenues sur les autres pays. Un chiffre qui, sous l’effet de la spéculation, a explosé en cinq ans : + 300 %.

100 milliards de dépots français en Irlande

« Toutes les institutions financières françaises, à l’exception de la Caisse des dépôts, demandent que la part des hedge funds qui leur appartient soit basée dans un paradis fiscal », s’amuse un gérant de fonds londonien spécialisé dans le montage de ce type de produit. Les îles Caïman sont ainsi devenues expertes dans la domiciliation des hedge funds.
Sur les 1 500 milliards de dollars déposés dans ce confetti caribéen, une centaine est tricolore. Mais les îles Caïmans n’arrivent qu’en troisième position. Telles des agences de voyages, les conseillers fiscaux préconisent une destination selon sa spécialité. Le Luxembourg est connu et reconnu pour la domiciliation des OPCVM, en gros nos fameuses sicav. En effet, l’administration du grand-duché, membre de l’Union, délivre aisément le« passeport européen » qui permet d’être distribué partout dans l’Union. C’est par cette porte que les produits Madoff ont débarqué sur notre continent. L’Irlande, classée off-shore par le FMI, recèle 100 milliards d’euros de dépôts français. On trouve également Singapour et Hong-kong, parfaites pour les multinationales qui font du business avec la Chine. 

Partout, le climat fiscal clément prime. Les 532 milliards de dollars investis dans les paradis fiscaux génèrent un manque à gagner d’environ 20 milliards d’euros chaque année pour Bercy. « C’est ce qui va perdre les paradis fiscaux, car les Etats ont impérativement besoin de retrouver les recettes fiscales. Il y a donc un consensus international pour leur tordre le cou. Le top départ sera donné  le 2 avril au G20 de Londres. Cela mettra quelques années, mais ce sera efficace ! » prédit Christian Chavagneux, coauteur du livre les Paradis fiscaux (avec Ronen Palan, La Découverte). Certains ont déjà pris les devants : après Andorre, Guernesey vient de signer une « convention  de renseignements fiscaux » avec la France. L’opacité, condition de la fraude, commence à se dissiper.

Lisez le reste du dossier de Marianne «Pendant la crise, ils s'en mettent plein les poches.» En vente dans tous les kiosques.

mercoledì 23 maggio 2012

Menace sur le CAC 40 : les nouveaux escrocs


Menace sur le CAC 40 : les nouveaux escrocs pêchent au gros

Créé le 17-05-2012 à 06h06 - Mis à jour le 19-05-2012 à 14h40 1 réaction

Une vague d'arnaques déferle sur nos plus grandes entreprises et met les services secrets français sur les dents. Les aigrefins osent tout, jusqu'à contrefaire la voix des patrons pour passer des ordres de virement à l'étranger.


image d'illustration. (ISOPIX/SIPA)
image d'illustration. (ISOPIX/SIPA)
Au siège de Media Participations à Paris, on est encore sous le choc. Ce géant de la bande dessinée (Dargaud, Dupuis...), avec 20 millions d'albums vendus chaque année, a connu des aventures qui auraient pu inspirer les auteurs de Blake et Mortimer, la célèbre BD qui fait partie de son catalogue.
Fin janvier, le siège et plusieurs filiales ont été attaqués par des spécialistes de l'arnaque aux faux virements, rebaptisée par les policiers "escroquerie au président". Première cible, la directrice financière de Dargaud Suisse reçoit un appel de Vincent Montagne, le président du groupe, exigeant de virer de toute urgence 987.000 euros sur un compte HSBC à Hong-kong, afin de financer une acquisition en Asie. Et il lui interdit d'en parler au patron de la filiale suisse. Téméraire, la directrice téléphone à ses correspondants parisiens, le montant du virement dépassant le plafond autorisé. In extremis, la révélation de l'usurpation de l'identité du patron stoppe le processus.
Pourtant, dès le lendemain, Vincent Montagne (le vrai) reçoit un coup de fil du commandant Girard, de la brigade financière: "Nous savons que vous avez été attaqués. Faites le virement, cela nous permettra de prendre les escrocs la main dans le sac. "Prudent, Montagne vérifie auprès de ses contacts policiers: le commandant Girard n'existe pas... Puis c'est au tour de la Société générale, la banque de Media Participations, de recevoir un coup de fil de Vincent Montagne (le faux) affirmant appeler depuis la brigade financière et ordonnant d'effectuer le virement afin de pincer les malfaiteurs. La supercherie est à nouveau débusquée. En trois jours, l'éditeur a subi au moins 30 attaques téléphoniques! "Les escrocs avaient bien planifié leur opération et acquis une connaissance très fine de notre organisation, témoigne Claude Saint Vincent, directeur général de Media Participations. Leur capacité à usurper la voix du président et à exercer une pression psychologique sur leurs cibles est impressionnante."
De Michelin à l'Elysée
Une déferlante. En quinze mois, 180 attaques similaires à celle dont Media Participations a été victime ont été recensées par l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), un service d'élite de la police. ArevaScorQuickNestle, CMA CGM ont repoussé ces offensives, tout comme Michelin, qui vient tout juste de déjouer une série d'escroqueries sur ses filiales belge, suisse, italienne et allemande. "Nous avons porté plainte dans les pays concernés", nous a confirmé une porte-parole du leader mondial des pneumatiques. De grosses PME sont aussi visées, comme Valrhona, le spécialiste du chocolat, ou encore le casino de Trouville (Calvados), qui a échappé de justesse, le 13 mars, à une arnaque de 400.000 euros. Sans oublier l'Elysée, dont les services comptables ont arrêté un faux ordre de virement de 2 millions d'euros en avril 2011.
Si leurs tentatives échouent souvent, les escrocs ont fait quelques prises spectaculaires: le transporteur Brittany Ferries, qui s'est fait subtiliser 1 million d'euros ; Vinci, le groupe de BTP, escroqué récemment, mais qui "ne souhaite faire aucun commentaire" ; ou encore Robertet, l'un des leaders mondiaux des parfums implanté à Grasse (Alpes-Maritimes), qui a été délesté de 900.000 euros. Au total, selon la police, plus 20 millions d'euros ont déjà été détournés.
Du coup, c'est la mobilisation générale pour protéger nos fleurons du business. Les services secrets - la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) - ont lancé une alerte aux entreprises dans une note sur "la prévention des escroqueries aux virements internationaux", où ils détaillent les techniques des escrocs. "La manipulation fonctionne d'autant mieux que son auteur a la capacité d'y aller au culot, souligne la DCRI. L'air assuré et entendu ne vous incitera alors pas à remettre en cause sa qualité ou sa démarche." 
Autre initiative policière: le 6 mars, le commissaire divisionnaire Jean-arc Souvira, chef de l'OCRGDF, a discrètement réuni les responsables financiers et de la sécurité d'une quarantaine de grands groupes dans la salle du conseil du Medef à Paris. "Ils étaient très intéressés, car beaucoup avaient déjà été victimes d'attaques, nous confie Souvira. Et je leur ai donné des outils pour se protéger."
Arsène Lupin high-tech
Ce sont des escrocs d'un nouveau type, des Arsène Lupin high-tech et fins connaisseurs de la finance qui sèment la terreur au sein du CAC 40. Comme des créateurs de start-up, ils sont à l'affût des nouveaux marchés pour repérer les failles dans la législation et le contrôle. On les a vus multiplier les fraudes à la carte bancaire en créant un réseau international de faussaires. Ils ont bluffé les policiers par leur capacité à utiliser la fonction de la "sécurité sociale des indépendants" (le régime RSI), piégeant des dizaines de milliers de chefs d'entreprise à qui ils ont adressé de faux appels à cotisations. Ces escrocs se sont lancés à une vitesse éclair dans les nouvelles arnaques à la TVA.
Et là, ils ont trouvé le Graal: le marché du carbone, sur lequel les entreprises s'échangent des droits à polluer. De mémoire de magistrat, jamais une escroquerie aussi juteuse n'avait été montée avec autant de facilité. "Certains escrocs ont gagné plusieurs dizaines de millions d'euros en quelques semaines", confie un juge du pôle financier parisien, en charge de ces dossiers. La technique: acheter des quotas de CO2 hors taxe dans un pays européen et les revendre avec TVA en France, taxe qu'ils conservent avant de disparaître dans la nature. "En quelques clics, ils achetaient de l'air et revendaient de l'air avec un gros bénéfice", déplore Jean-Marc Souvira. "Le CO2, c'était la Lady Gaga dans les affaires", avait lancé Fabrice Sakoun, l'un des rares fraudeurs à avoir été condamnés.
Une affaire qui a coûté 1,6 milliard d'euros à l'Etat, "la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref", selon la Cour des comptes.
De véritables ingénieurs. Pour arriver à leurs fins, ces aigrefins ont recours à des méthodes très pointues. Dans l'arnaque aux faux virements, ils commencent par mener une enquête fouillée sur leurs cibles. "Pendant un mois, une équipe se renseigne sur la société et ses filiales à l'étranger, témoigne Bernard Petit, sous-directeur à la lutte contre la criminalité organisée, l'un des pontes de la police. Elle collecte les PV d'assemblées générales et de conseils d'administration, et s'imprègne de la culture maison en étudiant les messages des dirigeants aux salariés ou les newsletters internes aux directeurs." Les filous vont même jusqu'à enquêter sur la vie privée des cadres de l'entreprise. "Grâce aux réseaux sociaux, Facebook ou Twitter, ils peuvent savoir le prénom des enfants ou la date d'anniversaire de la secrétaire", relève Michèle Bruno, chef de la brigade de répression de la délinquance astucieuse.
Leur technique est aussi très élaborée pour empêcher la police de les retrouver. D'abord, ils achètent leur "matériel" (par exemple, les informations d'Infogreffe sur les entreprises) avec des cartes de paiement prépayées, totalement anonymes puisqu'elles peuvent être rechargées en liquide sans être associées à un compte bancaire. "C'est un vrai problème, car la police ne peut retrouver la trace des paiements des malfaiteurs", regrette Jean-Marc Souvira. Ensuite, les larrons lancent leurs attaques téléphoniques de l'étranger - en particulier d'Israël, où opèrent beaucoup de spécialistes de cette arnaque -, tout en donnant l'illusion d'être en France. Pour cela, ils ont recours à des "plateformes de dématérialisation", qui permettent d'acquérir des numéros de téléphone ayant l'indicatif du pays visé. "Si l'entreprise cible est en France, les numéros de téléphone et de fax achetés commenceront par l'indicatif français, afin de mettre en confiance l'interlocuteur qui recevra l'appel", détaille une note de l'OCRGDF.
Vient ensuite la phase d'attaque téléphonique, confiée à une autre équipe. Elle révèle un pouvoir de persuasion hors pair, comme le montrent les enregistrements de la police, que Challenges a pu écouter: "C'est votre président. [ ...] Vous devez faire partir ce virement exceptionnel dès aujourd'hui. Vous recevrez les documents demain. Je compte sur vous, c'est très important", lance l'escroc à la comptable d'une filiale d'un grand groupe. "Mais, monsieur, j'ai besoin de documents pour un tel montant", répond la salariée. "Je vous dis que c'est un virement exceptionnel, vous comprenez ou quoi? Vous pouvez le faire", s'énerve l'escroc, qui échouera, la comptable ayant alerté sa hiérarchie. "Ils exercent une pression psychologique énorme en invoquant l'urgence de la situation, ou en menaçant souvent de virer la personne", rapporte la commissaire Michèle Bruno.
Parmi ces as de la mise en scène, le champion, c'est Gilbert Chikli, qui aurait escroqué une quarantaine de banques françaises ces dernières années en se faisant passer pour un agent secret. Réfugié en Israël après avoir été mis en examen en 2008 pour "escroquerie à la lutte antiterroriste" par la juge parisienne Sylvie Gagnard, Gilbert Chikli a réalisé l'un de ses coups les plus spectaculaires avec La Poste. Se faisant passer pour Jean-Paul Bailly, le président du groupe, il a appelé la directrice d'une agence postale. "Vous allez recevoir un appel d'un agent de la DGSE [les services de renseignements]", lui a-t-il dit. Quelques minutes plus tard, l'agent secret téléphone à la directrice, l'avertit qu'un dangereux terroriste faisant partie de ses clients va bientôt retirer de l'argent. Et il ordonne à la patronne de l'agence de lui apporter tous les billets en caisse pour qu'il leur appose une puce électronique...
Un (mauvais) scénario à la James Bond qui a réussi! La directrice a remis 350.000 euros dans une mallette, qu'elle a glissée sous la porte des toilettes d'une brasserie parisienne! Après la découverte de l'arnaque, elle a été licenciée et serait tombée en dépression. "Cet escroc ne réalise pas les dégâts humains que ses agissements ont provoqués", déplore Sylvie Noachovitch, l'avocate de la malheureuse cadre de La Poste. Car, pour Gilbert Chikli, ce n'est pas une escroquerie, c'est un jeu. "Je joue une scène qui apporte une certaine jouissance, une certaine adrénaline", déclarait-il en 2010 à France 2 qui avait retrouvé sa trace.
Israël comme base arrière
C'est la nouvelle Jewish connection. Dans les années 1970, les frères Zemmour, ces pieds-noirs venus d'Algérie dont l'histoire a été portée à l'écran dans Le Grand Pardon, un film d'Alexandre Arcady, étaient devenus les caïds du trafic de drogue et du proxénétisme à Paris. Aujourd'hui, ces spécialistes excellent dans les arnaques financières, opérant entre Paris, Hong-kong et Tel-Aviv. Une note de la Direction centrale de la police judiciaire détaille que "trois pays apparaissent régulièrement dans ces escroqueries: Israël où des groupes criminels se sont spécialisés, la France comme pays où sont ciblées les entreprises, la Chine comme lieu de destination première des virements, avant réorientation vers Israël".
En septembre, trois FrancoIsraéliens spécialisés dans les faux virements ont été arrêtés à Lyon et à Cannes, dans un palace, en pleine partie de poker. Mais ils sont nombreux à avoir échappé à la justice française en se réfugiant en Israël, entre Tel-Aviv et la station balnéaire de Netanya, très appréciée des Français. L'un d'eux, Alex K, aurait même fait venir le groupe américain Black Eyed Peas dans sa somptueuse villa pour fêter son premier milliard de "tève" (l'arnaque à la TVA), selon l'enquête de Jérôme Pierrat, auteur de Mafias, gangs et cartels. La criminalité internationale en France (Folio, 2011).
Dans ce business, les Franco-Israéliens ont des alliés, en particulier les mafias chinoises. "Leurs associés chinois leur versent du cash à Paris en échange des faux virements envoyés dans des banques en Chine", explique le policier Bernard Petit. Et en matière d'escroquerie, les criminels chinois sont aussi des pros, notamment dans les fraudes aux cartes bancaires. Ils ont créé de nombreux ateliers clandestins de fabrication de fausses cartes, dont plusieurs ont été démantelés en région parisienne ces derniers mois. Surtout, ils organisent en France la venue d'équipes de "mules chinoises", selon l'expression des policiers, des acheteurs munis de ces fausses cartes qui raflent les produits de grandes marques. "Ils réalisent des raids d'achats fulgurants dans les magasins de luxe parisiens, puis ils renvoient la marchandise en Chine", avance Patrick Yvars, le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement.
Criminels israéliens, mafias chinoises, mais aussi caïds français. La rentabilité record de ces nouvelles escroqueries a attiré également les barons du milieu parisien. "Auparavant, il y avait une séparation entre les délinquants financiers en col blanc et le grand banditisme classique, souligne Bernard Petit. Désormais, il y a une hybridation. Les équipes sont intégrées."
Conséquence: les différends peuvent se régler à l'arme de poing. Quatre meurtres liés à ces escroqueries ne sont toujours pas élucidés. En janvier 2009, Serge Lepage, une figure du milieu, a été abattu devant chez lui, dans l'Essonne, après sa sortie de prison. Le 30 avril 2010, c'est au tour d'Amar Azzoug, un ancien braqueur reconverti dans les arnaques financières, d'être exécuté, à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Le 14 septembre, Samy Souied, surnommé "le caïd des hippodromes", pour avoir trempé dans une affaire de blanchiment dans le monde des courses, a été abattu Porte Maillot, à Paris. Il était soupçonné d'être l'un des cerveaux parisiens de l'arnaque à la taxe carbone. Enfin, le 25 octobre dernier, Claude Dray, 76 ans, un homme d'affaires possédant des hôtels de luxe à Saint-Tropez, à Jérusalem et Miami, a été retrouvé mort dans son hôtel particulier de 1.000 mètres carrés, villa de Madrid à Neuilly, trois balles de 7,65 dans le cou. Sans aucune trace d'effraction ni de vol. Ce riche collectionneur avait des contacts avec des artisans de l'arnaque au CO2. Tellement lucrative que le partage des profits a fini dans le sang.

venerdì 11 maggio 2012

Devant la BCE, les indignés allemands

Devant la BCE, les indignés allemands ne désarment pas


Dans Actualités AFP, le 11 Mai 2012 .

Quelques dizaines d'irréductibles manifestants, cousins des indignés espagnols, ont bravé un hiver rude et campent toujours au pied de la BCE, à Francfort, sept mois après. Leur "village" est le plus ancien de ceux installés dans des grandes villes d'Europe, mais la ville aimerait les voir partir. Durée: 01:38
SCRIPT
Pour les touristes, c'est devenu un passage obligé. En plein centre de Francfort au pied de la BCE, impossible de rater le campement des indignés allemands. Une vingtaine de militants campent ici. Les nuits à moins quinze degré sous la tente en ont fait fuir une bonne partie cet hiver, mais pas Stefan. Et ses convictions n'ont pas changé:
- SONORE Stefan, sur place depuis l'hiver (en allemand, 8 sec):
"On en peut plus, on veut du changement et on ne se sent plus vraiment représentés pas les politiques élus"
La vie de cette petite communauté s'est peu à peu organisée. Canapés et fauteuils récupérés améliorent L'ordinaire. La cuisine est faite à tour de rôle, et une "cyer-tente" permet de tisser des liens avec les Indignés du monde entier.
Les militants ont été rejoints par des sans abri et des chômeurs, qui y trouvent un abri et aussi un contact humain
- SONORE sans abri (en allemand, 8 sec):
'Je me sens un peu plus libre, car je sais que je n'ai pas la pression du loyer à payer et ça aide un peu, quand cette pression s'en va'
Dans une capitale financière allemande tirée au cordeau, les indignés soignent leur image. Même l'électricité et l'eau sont payées dans les règles. Un respect qui explique la longévité du camp
- SONORE Mike, sur place depuis le 1er jour (en allemand, 12 sec):
"Ce rassemblement est enregistré à la mairie et nous n'avons aucun problème avec la police.. Du moins beaucoup moins que dans d'autres pays"
Malgré tout, après sept mois, la ville commence à perdre patience, et met la pression pour les faire partir . Convaincus que la crise leur donne raison, Ecoeurés par le pouvoir des banques et de l'argent, les indignés n'ont eux aucune intention de lever le camp.
SHOTLIST
IMAGES TOURNEES LES 10 ET 11 MAI 2012 A FRANCFORT (ALLEMAGNE)
(Source: AFPTV)
- Divers plans du campement des indignés devant le siège de la BCE
EXTRA-RUSHES (52 sec)
////
--------------------------
DEPECHE AFP DE CONTEXTE
Dette-finance-économie-social-manifestations-BCE,PREV
Les "indignés" allemands campent depuis sept mois au pied d'une BCE honnie (ACTUALISATION, REPORTAGE)
Par François BECKER
=(PHOTO+VIDEO)=
FRANCFORT, 11 mai 2012 (AFP) - Après un hiver glacial, les quelques dizaines "d'indignés" qui campent depuis sept mois à Francfort, au pied d'une Banque centrale européenne (BCE) honnie, affichent une fierté d'anciens combattants et l'espoir de voir leur mouvement refleurir avec le printemps.
"En Europe, nous sommes le seul camp important installé depuis aussi longtemps", relève Thomas, l'un des porte-parole désignés du groupe "Occupy Frankfurt", qui comme beaucoup, ne décline pas son nom de famille.
A Londres, Madrid ou New York de l'autre côté de l'Atlantique, les camps des "Occupy", label mondial qui regroupe des "indignés" bien décidés à défendre leurs idées en occupant des lieux publics, ont déjà été démantelés.
Mais, à Francfort, capitale financière de l'Allemagne et ville de la monnaie unique européenne, ces militants anticapitalistes et leur "Place de la révolution multicolore" se sont incrustés sur les photos souvenir des touristes.
La pression est montée vendredi, la ville leur ayant pour la première fois enjoint de plier bagage, au moins temporairement, le 16 mai.
Décision digne d'un pays comme la Russie "où chaque manifestation démocratique jugée politiquement incorrecte est interdite", s'est empressé de réagir un autre porte-parole, Martin Behrshing.
Pour l'instant, impossible de manquer le village d'une cinquantaine de tentes qui serpente le long d'une promenade plantée et les banderoles accrochées au symbole de la ville, une effigie de l'euro haute de 15 mètres.
Par un bel après-midi de mai, une campeuse vêtue d'une robe ample déambule pieds nus sur le gazon, tandis qu'un groupe de cinq punks discutent, assis sur des canapés.
T-shirt gris, jean et liseuse Kindle à la main, Luke Slater, 21 ans, est l'un des plus jeunes, présent depuis le 1er jour. Le camp "prouve que l'on peut vivre en communauté, travailler tous ensemble", déclare ce Canadien, parti sac au dos découvrir l'Europe, et qui a connu les nuits à -15 degrés de l'hiver francfortois.
"Je suis heureux ici même si ce n'est pas toujours facile de tout garder en ordre", ajoute-t-il. Les tentes sont groupées autour d'un espace cuisine et salon, meublé de fauteuils de récupération, et d'une "tente IT" avec accès à internet.
"C'est comme dans un appartement, tes voisins peuvent te rendre fou", résume-t-il.
Après l'euphorie des débuts, le 15 octobre, où plus de 5.000 militants s'étaient réunis, le soufflé est retombé, et ces fameux voisins ont bien changé.
Les campeurs, au nombre de 100 à 150 avant l'hiver, ont pour la plupart plié bagage. Restent aujourd'hui une vingtaine de militants, ainsi qu'une cinquantaine de personnes sans-abri qui y ont trouvé refuge.
Sur place depuis décembre, un Portugais de 23 ans qui se fait appeler "The Spirit", est là car il "n'avait pas d'appartement". "Je suis pour plus de paix, plus d'harmonie, et d'unité", explique-t-il, s'excusant de ne pas pouvoir argumenter plus "clairement", contrairement à ses amis militants.
Les campeurs rencontrés se réjouissent des liens tous azimuts qu'ils ont pu tisser, entre militants anti-frontières, anti-capitalistes ou défenseurs de la cause animale.
Le secret de la longévité du camp? "Nous sommes pacifiques et coopérons avec les autorités", se réjouit Thomas Drillich, un informaticien en congé longue maladie, qui passe ses journées sur le camp mais n'y dort pas.
Depuis le retour des beaux jours, les campeurs nettoient leur domaine. Une benne a retiré le gros des déchets, un potager "anti-Monsanto" est en cours de plantation.
Les organisateurs ont interdit la consommation d'alcool sur place, l'électricité et l'eau sont payés grâce aux dons, et la municipalité contrôle régulièrement l'état des lieux.
fbe/oaa/mr  

mercoledì 9 maggio 2012

Le parapluie fiscal de BNP Paribas


Le parapluie fiscal bien caché de BNP Paribas

Une agence BNP Paribas le 12 septembre 2011 à Paris
Une agence BNP Paribas le 12 septembre 2011 à Paris (Photo Michel Gangné. AFP)
ENQUÊTE La banque commercialise une Sicav, Luxumbrella, qui se joue de la législation européenne. Et fait peser le risque légal sur ses clients.
Par NICOLAS CORI
Il y a l’image et il y a les pratiques. Face à l’opinion, BNP Paribas proclame qu’elle est irréprochable en matière de paradis fiscaux, ayant fermé ses filiales à Panama et aux Bahamas. Mais en interne, ses équipes encouragent sans complexe l’évasion fiscale pour leurs clients. La preuve avec un produit au nom prédestiné, la Sicav Luxumbrella, vendue depuis 2005 à la clientèle haut de gamme en Suisse ou à Monaco, et dont l’existence avait été révélée en 2010 parMarianne.
Ce sujet gêne au plus haut point le président de BNP Paribas, Baudoin Prot. Interrogé le 17 avril par les sénateurs (lire page ci-contre), il a déclaré que «Luxumbrella n’a pas d’autre objet que de mutualiser la gestion sous mandat pour mutualiser le coût des transactions et des arbitrages facturés par ces gestions collectives». Une explication partielle : selon des documents internes, que Libération a pu consulter, le produit sert à échapper au fisc, en profitant des trous de la législation européenne sur les paradis fiscaux.
Fraude. Depuis l’adoption en 2005 de la directive sur la fiscalité de l’épargne, tout produit financier distribué dans un pays où le secret bancaire est conservé (en Suisse ou à Monaco) doit faire l’objet d’un prélèvement à la source, le «précompte» : le taux a d’abord été de 20%, puis de 35% depuis juillet 2011. Le système est censé dissuader un Français de détenir un magot dans une banque suisse sans le déclarer au fisc. Mais certains produits d’épargne échappent à la directive, notamment au Luxembourg. C’est le cas de fonds destinés à n’être vendus qu’à l’intérieur du Grand-duché, ou seulement à des investisseurs institutionnels. La Sicav Luxumbrella fait partie de cette catégorie-là.
Grâce à un tour de passe-passe, BNP Paribas réussit à refourguer cette Sicav à ses clients européens hors du Luxembourg. Officiellement, la banque propose au client de signer une convention patrimoniale avec mandat de gestion discrétionnaire, «mandat First». Ensuite, les sommes sont placées dans la Sicav Luxumbrella. Et le tour est joué : ce n’est pas le client qui a directement investi, mais son banquier. Reste que le jeu n’est pas sans risque. Si le fisc français apprend qu’un contribuable détient une Luxumbrella non déclarée, il peut le poursuivre pour fraude. Mais la banque s’en lave les mains. Son rôle n’est pas de rédiger la déclaration de revenu de son client…
En interne, les avantages fiscaux du montage alambiqué sont promus.«En investissant dans le mandat First, vous n’êtes pas soumis à la directive européenne sur la fiscalité de l’épargne» (retenue à la source de 20% à partir du 1er juillet 2008), est-il écrit dans un document rédigé à l’été 2008 par l’équipe de BNP Paribas Suisse. En avril 2010, au cours d’une réunion, un cadre monégasque présente même le mandat First «comme "l’enveloppe" de référence pour la majorité des clients européens», ajoutant que «la gestion sous mandat constitue une réponse adaptée pour la banque et les clients dans le contexte post-G20 [qui vient de prendre des mesures contre les paradis fiscaux, ndlr]». A l’époque, ce climat inquiète : «La pression sur les paradis fiscaux va continuer», alerte le cadre monégasque, en relevant qu’un «audit de la place de Monaco par l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]» est «en cours»,et qu’il va falloir que la «politique des voyages» devienne «plus restrictive», afin de «limiter les risques pour les clients et la banque».
Défense. Interrogé, BNP Paribas reconnaît la réalité du système mis en place, mais veut en relativiser son importance. «Au 31 mars, la taille de Luxumbrella était de 902 millions d’euros, ce qui représente seulement 0,3% des actifs sous gestion de la banque privée», indique une porte-parole. Ainsi, 3 000 mandats First auraient été conclus, dont 2 010 par des clients européens. Quant au manque à gagner pour les impôts européens (créé par l’absence de prélèvement de 35%), il ne serait que de «2,3 millions d’euros par an». Bref, à en croire l’établissement, la situation aurait pu être bien pire. Et, pour sa défense, il n’hésite pas à pointer la concurrence, qui distribue des Sicav équivalentes. Mais, juré, quand tout le monde sera réglo, et que la législation ne comportera plus aucun trou, le mot «paradis fiscal» ne fera plus partie du langage de BNP Paribas.

Lettre à Hollande pour une commission d'enquête

Cher François,

Nous nous sommes croisés quelques fois lors de cette campagne et je suis ravi que tu ais gagné. Maintenant que tu es dans la place, il va falloir trouver des moyens pour financer ton programme. J'ai trouvé nickel ton positionnement sur les postes à créer dans l'éducation nationale. Mais il y a aussi des problèmes à l'université, à la poste, dans les hôpitaux, le logement, la justice. Les services publics ont été délaissés par ton prédécesseur. Lui et ses amis ne se sont pas privés de t'attaquer sur la faillite qui ne manquera pas d'arriver si tu mets en place tes idées. Les augmentations d'impôts ne suffiront pas. 

J'ai un chiffre à te soumettre. 30 trillions d'euros. Renseigne-toi, c'est la valeur globale des actifs détenus au nom de leurs clients -principalement des banques- par Clearstream et Euroclear en 2012. La première, dont le siège est à Luxembourg, a annoncé près de 12 trillions détenus dans ses comptes en avril et la seconde, dont le siège est à Bruxelles, affiche fièrement mais discrètement un peu plus de 18 trillions d'euros. Les banquiers, les oligarques, les lobbyistes de Bruxelles, les magnats du pétrole, les vendeurs d'armes, les rentiers luxembourgeois, les traders londoniens, les avocats fiscalistes et les journalistes appointés par le système bancaire n'aiment pas qu'on leur rappelle ces chiffres. 
Cher François, crois-moi, le magot est planqué là. Dans les sous pentes informatiques de ces boîtes noires. Les sociétés off shore y ont caché leurs devises. Elles ont le doigt sur le bouton transfert. Dès qu'on viendra les emmerder, les circuits sont prêts pour jouer au bonneteau avec les services fiscaux. Il va falloir jouer serré mais la partie est gagnable. Tu lances une commission d'enquête en France et tu pousses à la roue pour que celle que vient de créer la commission européenne (demande à Vincent Peillon de te brieffer) débouche rapidement. Ensuite, tu crée une brigade informatique d'intervention. Et tu taxes ces mastodontes de la finance en prélevant une (bonne) part de ce qui se cache dans les paradis fiscaux et 1% de ce qui passe par les circuits normaux. Et tu augmentes même les policiers... Bien à toi cher François. Appelle-moi. Denis
(achevé rapidement hier pour Siné Hebdo de demain)
Denis Robert

lunedì 7 maggio 2012

Le scandale financier du siècle


Le scandale financier du siècle

jeudi 03 mai 2012 à 06h19
C’est peut-être le scandale financier du siècle. Un des coupables, la banque UBS, a lâché le morceau. Les plus grandes banques du monde se seraient entendues pour manipuler le Libor, le principal taux d’intérêt de la planète finance. Il y en aurait pour des milliers de milliards de dollars.

Découvrez tous les détails du «scandale financier du siècle» grâce à l’enquête exclusive de Trends-Tendances (numéro du 3 mai 2012).

© Thinkstock
«Libor» : l’acronyme ne vous dit peut-être pas grand-chose. Derrière ces cinq lettres se cache pourtant l’un des plus grands scandales financiers présumés de l’histoire. Plusieurs grandes banques internationales sont soupçonnées d’avoir manipulé le London Interbank Offered Rate (Libor en abrégé) afin de camoufler leurs difficultés de financement lors de la crise financière.
 
Parmi elles, que des grands noms de la finance mondiale : Bank of America, Barclays, Citibank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan, Royal Bank of Scotland, UBS… L’enjeu est colossal. Le Libor est étroitement lié au fonctionnement de l’un des plus grands marchés monétaires du monde : le marché interbancaire (celui où les banques se prêtent entre elles), dont la taille est estimée à 90.000 milliards de dollars.
 
Dans le collimateur de plusieurs autorités de contrôle (aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, au Japon et en Suisse, notamment), ces établissements financiers appartiennent en fait au «club» des 16 banques qui participent à la fixation quotidienne du Libor, le taux interbancaire offert à Londres.
 
«Trafiquer» le niveau réel du Libor peut avoir des conséquences considérables sur les coûts de financement des entreprises et des particuliers. Crise ou pas, «la manœuvre est double, souffle un vieux briscard de la finance internationale. Il s’agit de tirer vers le bas les taux à court terme sur les dépôts tout en gonflant les taux à plus long terme pour les grands crédits syndiqués aux entreprises.» Sans oublier que tirer les taux à court terme vers le bas permet de se refinancer à bon compte tout en rassurant les marchés sur sa solidité financière. Intéressant quand on a de gros besoin de liquidités.
 
L’opacité qui entoure cette affaire de manipulation de taux témoigne de l’âpreté du combat mené Londres pour éviter toute régulation. Face aux récentes propositions de directives européennes visant à maîtriser la finance de l’ombre, les banquiers anglo-saxons resserrent les rangs.
 
Sébastien Buron